7 février 1555 : Sonnet 7

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7 février 1555

"On voit mourir toute chose animée", c'est un vers qui, même si un lecteur l'a peut être lu sans s'attarder, signifie beaucoup pour moi. Car aujourd'hui, un être spécial pour moi est décédé, tel mes sentiments pour mon tendre amant. L'existence est ainsi faite, on vit, on meurt, on se brûle on se noie.
En effet, ce petite chat blanc que j'avais croisé il y a de cela un an, vient de décéder.
Je l'avais rencontré quand j'étais attablée à ma terrasse, buvant et lisant tranquillement un chef d’œuvre de la littérature. Avant de le voir, j'aurais juré que rien ne pouvait me sortir de ma lecture que ce soit du bruit le plus disgracieux au plus ensorcelant, seulement j'entendis un temps après un doux et chaleureux son. Mon cou se redressa de lui même et je vis d'abord deux orbes bleus perçants. Je ne pus déplacer mon regard et c'est à peine si j'entendis le son de mon livre heurtant le sol.

En le détaillant plus soigneusement, je vis que ces orbes appartenaient à un chat blanc avec seulement trois taches noires au niveau de museau et des oreilles. Il était assis gracieusement sur la chaise de droite et me détaillait aussi d'un ton qui par ses yeux et ses oreilles dressées se voulait curieux. Nous nous fixâmes ainsi pendant un temps incertains puis il quitta sa chaise. Un instant, la déception prit part de mon être jusqu'à ce que je le vois sauter sur mes genoux et s'y rouler en boule. J'eus si peur qu'il parte que je n'osai ni le caresser ni même faire le moindre mouvement, et ce n'est qu'à la réception d'un son profond et sourd que je me détendis. Je me demandai quel animal pouvait s'endormir sur les genoux d'une personne et d'un lieu inconnu de la façon la plus naturelle et aisée du monde. C'était comme s'il avait su dès le départ qu'en aucun cas l'idée de le pousser ne m'aurait effleuré l'esprit. Il avait eu raison. Je voulu rattraper mon livre pour m'occuper en attendant son réveil mais le sol m'était hors de portée et c'est en le voyant gigoter légèrement dans son sommeil que je compris que je l'importunais.

Finalement, dix minutes plus tard, il se réveilla et partit sans m'accorder un seul regard.

Par la suite il revint régulièrement, il lui arriva souvent de juste s'allonger sans dormir et alors il semblait lire le livre avec moi. Ces actions savantes me touchaient beaucoup et de par sa grâce son intelligence et son attrait apparent à l'Homme, je me demandai si un animal pouvait être humaniste. Et il arrivait aussi que sa présence se manifeste durant les rendez vous entre auteurs et alors je pouvais voir que je n'étais point la seule à être charmée par le doux félin.

Mais me voilà maintenant un an après, je connais son miaulement par cœur, je visualise sans problème les courbes et les teintes de son corps mince, je peux peindre les yeux fermés les différentes nuances de bleus de ses yeux, pourtant "sa beauté, jadis cruelle" (comme je l'ai dis dans mon autre sonnet), ne me permit pas de donner ne serait-ce qu'un vague avis sur la sensation de son pelage.

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