Dimanche 04 Novembre 2018 - coup de gueule

lu 112 fois • écrit publicAjouter aux marque-pages

"Il y a dans le regard des bêtes, une lumière profonde et doucement triste, qui m'inspire une telle sympathie que mon âme s'ouvre comme un hospice à toutes les douleurs animales." - Francis Jammes

Encore des images insupportables d'animaux qu'on maltraite, qu'on torture, qu'on martyrise. Ca suffit, je n'en peux plus de toute cette cruauté. Respectons ces animaux qui nous nourrissent, qui assurent notre subsistance. Et comme si ça ne m'avait pas assez retournée comme ça, je viens de regarder une émission sur un refuge de la SPA, où il n'est question que de détresse animale.


En 2015 le statut juridique de l'animal a changé, passant de bien meuble à être vivant doué de sensibilité. Doué de sensibilité, comme nous, humains!!???

Après le dernier scandale du même genre, notre président avait promis de contraindre tous les abattoirs à s'équiper de caméras. Ce n'est pas fait, pourquoi la loi n'est-elle pas respectée? La grande distribution qui possède des moyens de pression énormes sur les industriels ne pourrait-elle pas imposer un cahier des charges plus stricts, avec des contrôles drastiques, des audits?

On s'étonne que les mouvements vegan prennent de l'ampleur, que les gens se détournent des produits animaux pour trouver d'autres sources de protéines, mais quand on voit ça, quand on sait que ça se passe comme ça, on ne peut que les cautionner. C'est de la barbarie

.
J'ai arrêté de manger de la viande à l'âge de 14 ans, après avoir vu aux infos un reportage sur transport des animaux destinés à la boucherie, entre autre le débarquement, dans un port, d'animaux importés vivants. L'image de ce pauvre boeuf pendu par le cou à une chaine pour le sortir des cales m'a hanté pendant des jours. La chaine a cédé sous le poids de l'animal qui s'est écrasé au sol et a agonisé pendant des heures, gisant dans une marre de sang, les os broyés et les viscères éclatées. J'étais révoltée qu'on traite ainsi un être vivant et je me suis jurée de ne jamais plus consommer de viande, et de n'utiliser que des produits labellisés "cruelty free" pour mon hygiène corporelle.

Mais je ne peux pas imposer mon style de vie à ma famille et aux amis que j'invite à ma table. Donc quand je fais mes courses je reste vigilante, je suis attentive aux (trop peu) d'informations qu'on veut bien nous fournir sur la provenance de nos produits et leur composition, et je pense bien naïvement qu'un prix élevé est la preuve d'une démarche et d'un process vertueux. Pour la viande je fais bien attention que l'animal soit né, élevé et abattu en France, parce que je me dis qu'en France, c'est sûr, c'est contrôlé, en France il ne peut pas y avoir de dérive, en France on n'est pas capable de tels actes. Ou j'achète en circuit court, j'ai vu dans quelles conditions sont élevés le bovins et je suis rassurée. Mais avant de devenir entrecôte ou rumsteck, la pauvre bête doit passer par la case abattoir, et maintenant je m'inquiète, et je m'interroge. J'ai de plus en plus le sentiment qu'on se moque de nous.


Que pouvons-nous faire, nous consommateurs, pour qu'on arrête de nous mentir. On nous dit "consommez français, c'est un gage de qualité, consommez bio et local, c'est la garantie d'une meilleure traçabilité et de bien-être animal". L'abattoir incriminé se prévalait d'être bio. L'éleveur bio n'investit pas temps et argent dans une démarche coûteuse et contraignante, ne prend pas soin de ses bêtes pour les voir massacrer avant qu'elles ne finissent dans nos assiettes.


Il est scientifiquement reconnu qu'un animal stressé fournit une mauvaise viande, car il sécrète des hormones qui durcissent les muscles. Qu'est ce qui peut justifier de telles pratiques? Le critère de sélection à l'embauche n'est pas le sadisme je présume. Alors quoi, la course au profit? La rentabilité avant la qualité? On comprime les effectifs pour faire baisser les coûts, pour dégager encore plus de bénéfices et augmenter les marges, faire toujours plus avec toujours moins de moyens en un minimum de temps. Mais ça transforme les gens en robots dénués d'éthique! Il serait grand temps qu'on freine des deux pieds et qu'on revienne à des pratiques plus humaines. Les bêtes ne sont pas celles que l'on croit.

3
+1
Ils aiment cet écrit :
  • Beppino
  • colombine
  • Uikiko
Partager l'écrit