Ressac d'émotions

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Voilà. Encore les urgences gynéco.
Il m'a accompagnée.
Quand je suis arrivée à la voiture il a vite rangé son Iphone.
J'avais les larmes qui coulaient quand il a démarré. Il a arreté la voiture et m'a serrée dans les bras. Que faisait-il avec cet Iphone? Je m'en foutais.

Alors je lui ai dit que j'avais besoin de me retrouver seule. Que je me sentais un boulet avec tous ces soucis. Il a eu beau essayer de me dire que si j'avais besoin d'être seule il ne fallait pas croire ca. Qu'il était là.

Là maintenant je suis seule. Ioana m'a dissuadée d'aller au bureau. J'angoisse pour le divorce, la déclaration d'impôts... alors je voulais partir dans la nuit faire tout ca.

Je l'ai eu ensuite lui au téléphone. Il pense que je n'ai pas assez de temps pour moi. Voilà ce que je pensais lui écrire:

Aurélien,

Samedi j'avais en tête d'avoir des heures à moi. Je ne sais pas, nager puis faire une virée en centre de Lyon, humer les odeurs, rêvasser devant le Rhône, boire un sirop en terrasse, bouquiner au soleil ou bien discuter avec un clochard de tout et de rien.

Mais je ne sais pas dire non. J'etais contente que tu aies réservé ce temps pour moi - annulation de ta réunion - mais à la fois je refaisais mon scénario de solitude ressourcante. J'etais frustrée du mardi soir - sincèrement j'ai écourté mon repas pour avoir le temps de te voir mais ton sms a mis "dodo" donc je n'ai pas osé prendre la route vers toi- et frustrée de cette semaine foutue à cause de ce souci de santé.

Et puis quand j'ai lâché le cab vendredi je me suis sentie à la fois soulagée, vacances, tellement contente de te voir et de te sentir, enfin, mais inquiète. J'appréhendais: vais-je tenir le coup? après cette panne, ce corps déréglé...

Oui je l'avoue parfois je cours. Le lundi je suis contente mais je n'ai pas de "sas" pour moi, je revois Rémi pleurer, le matin, je suis à fleur de peau, je revois ma semaine mais pas d'heures complètes à moi.

Alors oui je n'arrive pas à doser. Je ne sais pas ce que je donnerai dans une vie future. Vais-je trouver un rythme? J'y aspire comme je balise.

Là tu vois il est 23h26. Il y a le petit parc à côté de chez moi avec des barreaux fins dans l'aire de jeux. J'ai ma "vache" d'escalade avec moi. J'ai des envies suicidaires. Je ne vois pas le bout avec ce divorce. Parfois... je la glisse autour de mon cou, j'imagine le clipser le mousqueton et y aller. Je me sens si vulnérable. J'ai tellement peur pour la suite.

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  • michigan
  • october
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october
october :

La vie nous réserve parfois des instants bien difficiles à vivre, mais, si tu fais de l'escalade, tu dois savoir qu'après effort, souffrance et envie d'abandonner, arriver en haut apporte un intense plaisir, et en haut, on y arrive toujours..et alors la détresse et le doute ne sont qu'un mauvais et lointain souvenir.
Courage Urga, et ne lâche pas, le bon reste à venir.

Urga
Urga :

Merci. J'en bave tellement là..