Mardi 03 Avril 2018

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La maison reluit du sol au plafond, ça sent bon l'huile de lin et la fleur d'oranger. Les draps finissent de sécher dehors, j'ai laissé ouverte la porte qui donne sur le jardin pour faire entrer un peu d'air frais. Le ménage, ça donne chaud. La puce dort, Monsieur fait la sentinelle devant la grille histoire de bien montrer qu'il est le chien de la maison, et Oreo est parti faire un tour dans le jardin à la recherche d'une petite distraction pour occuper son après-midi. Moi je fais une pause, mine de rien c'est du boulot de recevoir.

Résumé du week-end : il y a eu quelques petits accrochages, les débats étaient animés, mais globalement nous avons su gérer. Il y a des sujets qu'il faut éviter d'aborder lors des repas de famille, on le sait tous. Et trois tempéraments forts réunis autour d'une même table, ce n'est pas facile à canaliser.

J'étais en alerte maximum. Le but de cette réunion était que l'on fasse connaissance et qu'on passe un bon moment, pas que tout le monde se bouffe le nez. Nous avons une petite fille en commun et pour elle ça serait bien que tout le monde s'entende. Je sais très bien que les liens du coeur sont plus fort que les liens du sang, et Stella tissera avec chacun les liens qu'elle aura envie de tisser, mais au moins elle saura qu'elle a une famille. Nous ne voulons pas la priver d'une partie de ses racines. C'est pour cela que je fais autant d'efforts, je ne veux pas qu'elle ait une enfance isolée, comme nous avons pu l'avoir son père et moi. Elle a des parents, des grands-parents, un cousin (enfin 4, mais je crois qu'elle ne connaitra jamais les 3 autres), un frère (peut-être d'autres, nous l'espérons), une pépinière à mes yeux, un terreau fertile à son épanouissement. Clément me répète sans cesse que je devrais m'affranchir de l'opinion de mes parents. Il a tout faux, ça fait bien longtemps que c'est fait, même si je souffre encore parfois de leur attitude. Je ne cherche pas à trouver grâce à leurs yeux, je ne veux simplement pas laisser le vide s'installer entre nous et attendre sans rien faire qu'il soit trop tard. Mais ça, c'est un autre sujet.


La chasse aux oeufs de monsieur le maire a remporté un franc succès. Il a dû se lever aux aurores pour semer tous ces chocolats. Il n'y avait pas un buisson, pas une pierre, pas une souche qui n'en dissimule un. Nous avons eu droit à une animation pour le moins innatendue : Hetor le petit chien de Sacha, Spok le chien de mes parents et Monsieur notre petit chien ont fait eux aussi la chasse aux oeufs, à leur manière. Après tout, il n'y a pas que les bipèdes qui ont le droit de s'amuser. C'était marrant, toutes ces petites balles de couleurs qui se cachaient partout. Nous avons donc eu droit à une course de chiens de chasse aux oeufs, ou à une chasse aux oeufs avec chiens de course, on ne savait plus trop dans quel sens ça marchait, ni après qui il fallait courir, mais on a bien rigolé. Il ne manquait plus que la musique de Benny Hill, tu sais quand à la fin de chaque épisode tout le monde courait après tout le monde. Sacha et Robin ont rempli leur panier, et tous les participants se sont retrouvés à l'étang municipal où les attendaient café et jus de pommes.

De retour à la maison, Sacha s'est précipité dans le jardin pour voir si la cloche était passée (non pas moi le Journal, la cloche de Pâques, celle qui va à Rome, ou qui en revient je ne sais plus trop. Qu'est ce que tu peux être désobligeant parfois!). Et bien oui, et comme elle est très futée la cloche, elle a fait tomber dans le buis des oeufs en chocolat Starwars. "Mais comment elle sait que c'est mes zhéros préférés?" Eh, eh, c'est qu'elle est bien renseignée la cloche, elle a ses indics.


Gilles a proposé une partie de rami. Il avait amené son jeu de cartes et, en bon savoyard qu'il est, une bouteille de Génepi. Les hommes ont donc passé la fin d'après-midi à taper le carton pendant que les femmes discutaient en cuisine en préparant le diner.

C'est pendant cette partie de cartes que les choses ont commencé à dégénérer. C'était trop beau, ça ne pouvait pas durer. Papa s'agaçait des remarques de Gilles, s'impatientait parce qu'on ne passait pas à table assez vite, râlait parce que les enfants faisaient du bruit, et n'a pas supporté que Sacha fasse un caprice pour qu'on lui décore son assiette. Quand mon frère lui a dit qu'il fallait qu'il se détende, il l'a carrément envoyé bouler. Donc après le repas, quand Gilles lui a proposé de prendre sa revanche aux cartes, il a refusé et il est monté se coucher.


Hier matin nous sommes allés au marché paysan, sans mon frère qui était reparti la veille. Tout le monde a semblé apprécier la promenade. Sauf papa qui faisait la gueule. Il s'est levé à 5h00, a pris son petit déjeuner tout seul en faisant un boucan d'enfer, ce qui a réveillé la puce et toute la maisonnée, et quand vers 7 h00 tout le monde s'est levé, il est parti promener son chien et nous ne l'avons pas revu avant notre départ pour le marché.
C'était très intéressant. Il y avait beaucoup d'exposants venus défendre leurs productions, des plus courantes aux plus innatendues. Notre région regorge de trésors gustatifs et Gilles, bon vivant et friand de nouveautés, n'a pas manqué de faire le plein. Nous sommes ensuite rentrés pour nous attabler autour des produits que Nelly avait apportés spécialement pour les faire découvrir à mes parents. J'ai trouvé que c'était une gentille attention. Mon père n'a pas desserré les dents de tout le repas et a voulu repartir à peine la dernière gorgée de café avalée. Pourquoi? Je n'en sais trop rien, sans doute un truc qui m'a échappé et qui n'était pas à son goût.


Bilan du week-end plutôt positif donc. Maman avait l'air heureuse, quant à papa, et bien c'est papa. Tant qu'on est d'accord avec lui et qu'on va dans son sens, ça va, dès qu'on lui tient tête ou qu'on le contredit, ça ne va plus. C'est comme ça, il faut faire avec.

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