Dimanche de plein printemps, ébloui, piquant, ensoleillé.

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Dimanche de plein printemps, ébloui, piquant, ensoleillé. Il est comme ça, lui aussi, comme le printemps, il pique, tu piques. Et au bout d'un certain temps: tu disparais. Les rayons me cueillent à l’aube derrière les rideaux avant que les miaulements du chat noir ne résonnent dans la chambre blanche. La lumière blanche inonde tout, scintille sur les flaques gelées, éclatées en forme d’étoiles polaires. Je me suis installé à une table. La vitre est si froide que le vent me passe à travers, distillant l’air de rien des fantômes de glaçons dans mon café noir, pourtant, le soleil est éclatant aujourd'hui. J’enfouis mes mains engourdies dans la laine, les yeux penchés sur le spectacle de la rue. Etre là sans l’être, s’autoriser quelques secondes d’absence au monde et toucher du doigt le vertige de n’être là pour personne, n’est-ce pas la meilleure des postures ?

Je me suis disputée avec une amie aujourd'hui, la seule que j'ai, quelle joie! A propos d'un document que j'ai oublié de lui envoyer. Pourtant. Pourtant, j'ai toujours été là, l'amie qui écoute et qui sourit du bout des lèvres comme pour dire, ce n'est pas grave, rien n'est éternel, tout fini par aller mieux. Toujours. L'amie à qui les secrets sont dévoilés, et à qui on raconte, avec rage, nos mauvaises passes, comme si, j'étais là pour tout prendre, - même les miettes - alors que je n'arrive pas à calmer mes propres orages.

Pourtant, moi, je n'ai pas le droit de me confier. Comme si cela m'était interdit. Lorsque je suis mal, que je commence à me dévoiler, rien qu'un peu, je suis l'amie ennuyante, déprimée et pas comme il faut. Alors je me sens seule. Terriblement seule. Comme si la vie, c'était ça, simplement ça, se fréquenter et se perdre de vue et continuer à vivre, comme s'il n'y avait pas de déchirements.

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colombine
colombine :

La vie est faite de deuils et de renouveaux. C'est comme ça. Dis-toi que l'on rencontre les gens au moment où il le faut, pour eux et/ou pour nous. Puis lorsque ni les uns ni les autres n'ont rien à s'apporter Pffuit chacun part vivre sa vie. On rencontre aussi des personnes toxiques pour nous, ce n'est pas du "gratuit" que la vie nous donne car celà nous aide à grandir, à murir, à devenir meilleur pour soi même, pour être en accord avec son moi. Ca parait peut-être un peu issu d'une "secte" mes propos, mais c'est l'école de la ie qui me l'a enseigné, ;-)
 

Dear poet
Dear poet :

@colombine : C'est ce que j'essaye de me dire, j'espère que l'école de la vie me fera découvrir de nouvelles choses, encore. Merci pour ton commentaire qui fait chaud au coeur!