journée assez bizarre.06.10

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Cher journal,

> Ce matin il faisait froid, et il a plu, je n'avais qu'un débardeur et une chemise sur moi et je peux te dire que j'ai bien regretter de pas avoir pris ma veste, D me narguait avec la sienne, c'est scandaleux! un mec de ma classe est arrivé en cours 40 minutes avant la fin (sur un cours de deux heures) avec comme excuse "même si ce n'est pas très crédible, mes poules se sont échappées ce matin et je n'ai pas réussi à les rattraper tout de suite" instant mémorable! Ca y est, je crois que j'ai été cataloguée "fille silencieuse sans humour et bizarre qui ne veut pas prendre un des bus à cause des gens bizarres dedans et qui est en plus de tout ça déléguée provisoire" par mon voisin dans deux matières (merci les profs qui font le plan de classe par ordre alphabétique!)

> R est venu en cours, et hier aussi. pourquoi il ne part pas dans son nouveau lycée ? le pire c'est ça: quand on sait pas quand quelqu'un va partir définitivement; je ne sais pas si il va partir pour de bon demain, ou après demain, ou dans une semaine. aujourd'hui et hier il ne m'a accordé aucun regard, aucune parole, rien, que dalle, nada, même quand la prof elle m'a intérroger et que j'ai répondu un truc débile qui a fait rire tout le monde il n'a même pas rit, il ne m'a même pas regardé, pas une seule fois. à 13h en allant en cours je l'ai vu avec un groupe de mec, alors que normalement il reste qu'avec deux de ses potes, il parlait à une fille (qui était ma foi très jolie) et j'étais triste, j'étais triste et en colère. pourquoi il réagit comme ça ? sur le coup jme suis dis mais quel connard celui-là, un coup il me parle et il me fais espérer, et un coup il parle à d'autres meufs, puis je me suis dis "les mecs c'est tous des connards, il faut juste que tu choisisses celui qui te correspond, de connard" et puis j'étais encore plus triste.

> Il y a des jours où le monde arrête simplement de tourner. On ne sait pas trop pourquoi, on ne sait pas d’où ça vient. C’est juste comme ça, les choses sont faites ainsi. Les gens partent, ils reviennent et puis ils partent pour de bon. Ils disparaissent. On n’a pas le temps de dire au revoir. Après tout, ça sert à quoi. On aura juste une dernière image en tête, peut-être un peu plus belle, mais ça changera rien, les choses seront toujours aussi tristes, et ils nous manqueront toujours autant. Après tout, qu’est ce que ça peut bien faire ? Qu’est ce que ça peut bien d’avoir quelqu’un qui part ? Qu’est ce que ça peut bien faire d’avoir une autre image en tête à la fin ? Et qu’est ce que ça peut bien faire que le gars que j'aime change de lycée ? Mais c’est rien du tout, ça ressemble à rien. C’est pas comme ça qu’on dit au revoir aux gens. Ce n’est pas en secouant sont stylo en regardant sa place vide. Ce n’est pas en écoutant des chants débiles. Ce n’est pas en restant assis dans un grand bâtiment froid. C’est pas ça dire au revoir, c’est pas ça. Ça ressemble à rien. On aimerait embrasser la personne une dernière fois, lui dire qu’on l’aime, qu’elle n’aurait pas du partir, qu’elle n’aurait pas du nous laisser.Qu’elle aurait du rester là, qu’on a besoin d’elle, qu’elle est tout pour nous. Qu’elle est quelque chose d’important, Mais tout ça, on ne peut pas. Il y a que dans les films que ça se passe comme ça. Dans la vraie vie, on a juste droit à des regards, des larmes, des pleurs. A des gens qui te tiennent l’épaule, comme si ça allait aider. Ça ressemble à rien, c’est rien du tout ça. Après tout, qu’est ce que ça pourrait bien leur faire ? Ils s’en foutent, mais ils s’en foutent, c’est qu’une personne de plus. Ils la connaissaient à peine. Ils savaient pas sa couleur préférée, ni rien d’autre. Et puis toi, toi la personne qui savait, celle qui écoutait, qui racontait, qui disait que ça allait peut-être aller mieux. Toi, toi tu ne sais plus quoi faire. T’es paumé, parce que, ceux qui faisaient ton monde, ils disparaissent. Ils s’éteignent les uns après les autres, c’est comme si t’étais perdu sur une longue avenue. Il y a des lampadaires un peu partout. C’est la seule lumière. C’est ton seul moyen de survivre, de savoir où tu vas. Et puis là, ils s’éteignent, un par un, lentement, t’as encore le temps de suivre, t’es juste un pas hagard, puis après, de plus en plus rapidement. T’es complètement largué. Tu cours, tu pleures, tu hurles, seul, dans le noir. Il y a plus rien à faire, tu attends juste que ça vienne te saisir à ton tour, que tu t’éteignes aussi. Après tout, les choses ont toujours été comme ça, elles le seront toujours. 

En gros : Je suis vraiment triste.

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