Jeudi 29 Juillet

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You're not afraid of anything, you're afraid of anyone. Except yourself. This is the worst of all fears.


Notre plus grand ennemi, c'est nous-même. J.K.Rowling a dit: le fait d'avoir peur de la peur elle-même est une preuve de grande sagesse. Mais il est encore plus sage d'avoir peur de soi. Ce n'est en aucun cas la marque d'un manque de confiance en soi, mais seulement celle de la conscience de notre état d'être humain. Nous sommes faillibles, imprévisibles. Le moindre petit évenement, le moindre mot peut tout changer dans notre esprit. Nous sommes inconstants. Nos sentiments, nos envies et nos goûts évoluent sans cesse. C'est pour celà qu'il nous est compliqué de nous projeter dans l'avenir. On fait des projets, on a des rêves, des ambitions. On se fait des promesses à nous-même et aux autres. On a des incertitudes qui s'avèrent parfois exactes, souvent ébranlées. C'est l'effet papillon. Comment une chose aussi infime soit-elle, un mot, un geste, peut-elle avoir de telles répercussions sur nos vies? Comment peut-elle changer notre perception? Nous écarter d'un chemin pour en prendre un totalement différent ou complétement similaire?

J'ai peur de moi car mon avenir est plus obscur que le votre. J'en suis l'entière responsable. J'ai peur d'empreinter un chemin et de laisser les autres derrière moi. Prendre des decisions importantes pour construire mon futur me donne de l'urticaire. Je veux vivre au jour le jour. Comme si j'étais seule au monde, comme si ça n'impliquait que moi. Seulement, c'est faux. La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres, dit-on. On aimerait n'en faire qu'à sa tête, mais nos actes n'impliquent pas que notre propre personne. Voilà pourquoi j'ai peur de moi. Pour les autres. Et j'ai peur des autres, pour moi. Si je ne travaille pas, je serais une plaie pour ma famille et mon état. On aborde là l'aspect financer et le devoir civique. Le soucis étant le noir qui persiste quand j'ouvre les yeux. No futur. Je suis confuse, j'avance à tâtons avec difficulté. Que dois-je faire? Pourquoi? Pour qui? J'aurais presque souhaiter naitre quatre siècles plus tôt. Mon seul devoir aurait été de me marier et d'enfanter. Aucun besoin de réflèchir. Qui a dit que la vie de mère au foyer était dépassée? Hélas, on ne se marie plus à seize ans mais plutot à trente, quand c'est encore le cas.

J'ai peur de moi car mon coeur est feu et glace à la fois. J'aime mal, trop ou pas assez. Je ne deteste jamais, je juge souvent tout en ayant conscience que je ne suis pas mieu lotie. Je cherche le bon et le mauvais en chacun. J'ai abandonné en ce qui me concerne. Tout en me connaissant par coeur, je demeure à mon égard une totale inconnue. Je maîtrise complètement mes paroles. Je sais de quelle manière m'exprimer selon la personne qui me fait face et anticipe ses réactions. Car je suis observatrice et attentionnée, et quand je dis connaitre quelqu'un, je ne le prétends pas. Cependant, il semblerait qu'il soit aussi facile de se faire une place parmi mon éventail de proches que de la perdre. Car je suis une personne instable, de la pire des façons. Je peux vous donner plus d'amour que vous n'en recevrez jamais, vous faire de belles promesses qui vous sembleront pour la première fois éternelles. Et moi aussi j'y croirais en mes sentiments, en ma sincérité. Marcel Proust a dit: si tranquille qu'on se croit quand on aime, on a toujours l'amour dans son coeur en état d'équilibre instable. Chez moi il ne s'agit plus de tenir en équilibre sur le fil tel un funambule mais plutot de m'y accrocher d'une main. Peut-on se lasser aussi rapidement? Aussi fréquemment? Peut-on aimer avec une telle intensité et ensuite contempler les poussières de cet amour avec ce calme olympien, cette indifférence parfois teintée de sympathie dans le meilleur des cas? Le plus difficile c'est d'être pleine de bonté. Malgré tout, je sais que je le suis. Et ça me peine bien plus qu'à mes victimes de voir s'effacer ainsi mon amitié pour eux. Je n'ose les abandonner et pourtant c'est hors de mon control. Je n'ai pas de regret. Je n'ai pas de remord. Je suis seulement désolée de ne pas pouvoir tenir mes promesses et de meurtrir le coeur de personnes qui ont réellement compté à un moment ou un autre de ma courte vie.

Seulement, je ne suis pas un ange. Il serait hypocrite de dire que j'accepte tout le monde peu importe ce qu'ils sont. Une manie peut m'exaspérer au point de bloquer toute avancée commune. Un défaut peut m'irriter jusqu'à me provoquer de l'urtiquaire. Il y a cette fille qui représente une grande partie de ma vie. Je l'aime, mais elle m'énerve. C'est une enfant qui s'émerveille des mauvaises choses, qui a deux mains gauches et qui garde toujours son masque à portée de main pour parvenir à ses fins. Elle me dégoute de plus en plus et j'ai bien peur qu'un jour je ne la tolère plus que pour ne pas me sentir seule. Il y avait ce petit garçon que j'avais pris sous mon aile. Il comptait tellement que je l'ai gravé dans ma chair. Il était mon frère, mon bébé, mon soutient inébranlable. Mais ce gosse, je ne pouvais pas avoir confiance en lui. Il me faisait peur, me donnait l'impression d'être manipulée. Encore aujourd'hui je ne sais pas quoi en penser. Je l'ai brutalement éjecté de ma vie comme un moustique à qui l'on donnerait une pitchenette, espérant au fond qu'il reviendrait à la charge. Et il l'a fait, avant que la peur que je semble lui faire ne prenne le dessus. Et je vois qu'il a du mal depuis notre fin, et je souhaite que ce soit mon rejet la cause de sa profonde tristesse, parce que je ne suis pas un ange et que ce serait ma façon à moi de prendre le pouvoir. Il y a eu cette demoiselle qui m'a toujours fait douter de son honnêté. Je ne peux toujours pas dire si j'ai été la personne la plus proche d'elle ou cette amie étrangère. Elle a bafoué notre amitié avec ses accusations obcénes, remettant en cause ma bonne foi et mon intégrité. La jalousie s'est emparée de son coeur, le rongeant plus surment que lentement, embrouillant son esprit. Elle m'a déçu.

Et j'ai peur de moi car je sais que me décevoir n'implique aucun retour en arrière. Je pardonnerais avec plaisir mais les sentiments ne reviendront pas. La seule façon de perdre mon amour sur l'instant est de m'infliger une grande decéption. Il y a ce jeune homme meutri qui me rappelle mon père. Mon meilleur ami qui lui-même n'a pas su me garder. J'ai versé tant de larmes pour lui, et il me semblait alors que je l'aimerais pour toujours. Je lui en ai fait la promesse. J'ai fait l'impasse dessus. Je voulais sourire et voir le monde lumineux. Il voulait sombrer dans l'obscurité. Je voulais vivre et aimer. Il voulait mourir et piétiner les sentiments des autres. Et il m'a déçu. Et désormais je ne peux que jouer le rôle de la muette quand il me dit qu'il m'aime. Pour moi tout est fini.

Et il y a tout les autres dont je me fous et que j'aime de tout mon coeur à la fois. Et j'en suis désolée. Ma sympathie est pour la terre entière, elle est bien la seule constante en moi. Si je vous donne mon amour ne vous réjouissez pas trop vite. Je vous aimerais à la folie jusqu'à ce qu'il en soit de même pour vous, et je me rendrais compte ensuite que vous n'êtes pas si exceptionnel que ça, du moins, pas autant que moi.

J'ai peur de moi car je sais qu'un jour, je serais seule, seule avec cette fille instable incapable de bien aimer les autres. Et c'est bien dommage pour elle.

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particule
particule :

j'aurais pus être l'auteur de ce texte , je n'ai rien d'autre a dire , j'ai lus tes autres écrits et je my retrouve également cest terrifiant , je tenait juste a le dire , nous sommes semblables - cordilement

Another Day
Another Day :

C'est troublant ce que tu me dis là, nous sommes si semblables? J'espère que tu t'en sors mieu que moi vis à vis des autres et de toi-même et que tu as de réelles ambitions qui ne bloquent pas la construction de l'avenir tel que tu le veux !

particule
particule :

Disons que oui heureusement que jai des ambitions sinon il est clair que je serais geek alcoolique drogué ou meme deja mort !!! jpeux savoir quelle age as tu? moi 19ans

Another Day
Another Day :

J'ai 19 ans aussi, et je suis en quelques sortes geek, alcoolique et droguée, mais je suis toujours en vie!

particule
particule :

c'est complètement dingue , hum moi je suis sur rennes si ca te dit de commenter ton journal ensemble autour dun café ?

LinKuFF
LinKuFF :

Ta phrase "Si je vous donne mon amour ne vous réjouissez pas trop vite. Je vous aimerais à la folie jusqu'à ce qu'il en soit de même pour vous, et je me rendrais compte ensuite que vous n'êtes pas si exceptionnel que ça, du moins, pas autant que moi" résume bien l'idée maitresse de ton écrit.

Tu aimes plus que tout jusqu'à découvrir une faille... et vu que tu n'es toi-même pas sans faille, tu te sens mal dans ta peau ?

Another Day
Another Day :

De chez moi Rennes ça fait un peu loin pour un café :)

LinKuFF, si tu entends par faille un défaut, la reponse est non. Quand j'aime une personne c'est tout entière. Mais j'ai fini par me rendre compte d'une chose en réalité parfaitement logique. Ces personnes que j'ai énormement apprécié si elles ne sont plus rien pour moi désormais c'est soit parce qu'elles m'ont déçus de manière irrémédiable par un acte plus ou moins fort, soit parce que j'ai évolué d'une façon tellement différente de la leur qu'il m'est à présent impossible de les comprendre et de les percevoir de la même manière qu'avant. Et c'est peut-être à ce moment là que des défauts qui semblaient anodins et même parfois charmants vous sautent aux yeux et vous débectent, ou alors la réalité vous apparait plus clairement alors qu'avant vous faisiez preuve d'un peu trop de subjectivité.
En ce qui concerne mon mal-être, il n'est pas dû à mon manque de faille - personne n'est parfait et je n'aspire pas à l'être - mais plutot à la nature de celles-ci.

sissi59
sissi59 :

tu es touchant dans ce que tu affirme. tu défends tes opinions avec une telle force que je ne peux que te comprendre malgré ma jeunesse.