Les amputés de l’amour

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Cher Journal,

Ce soir j’ai encore cette drôle d’impression de ne plus jamais pouvoir connaître l’amour. Pour toutes les raisons que tu sais déjà. Parce qu’elle m’a torpillé sans préavis, sans me laisser une chance de m’en sortir, sans autre raison que celle de son immédiate et propre satisfaction.

L’amour m’a apporté autant de bonheur que de souffrance. J’ai été cet homme que l’on enviait, je suis aujourd’hui celui que l’on fuit comme si le malheur était contagieux.

J’ai été beau, séduisant et élégant. J’ai été sûr de moi, conquérant et guerrier. J’ai été souriant, taquin et joyeux. Aujourd’hui sur le miroir et les photos je ne vois que des rides, des cernes et des traits creusés.

Journal je me plains auprès de toi car j’ai déjà fait le tour de mes amis. J’ai pleuré et geins sur des tas d’épaules bienveillantes. J’ai beaucoup donné et j’ai reçu en retour. Je suis heureux et chanceux d’avoir eu cette écoute. Mais il ne faut pas abuser. Maintenant c’est auprès de toi que je m’épanche. Toi qui n’est rien d’autre que le reflet de mon âme.

Et elle est sombre en ce moment. Même si je la déguise chaque jour d’un caractère de battant. Même si à chaque fois je réponds qu’il faut être positif. Même si je clame haut et fort que la vie est ainsi faite. Même si je ris de ce passé. Même si je la toise, elle. Je suis sombre car son rire me manque. Car mes nuits sont vides sans sa chaleur. Car son regard m’innondait de bonheur. Je suis sombre car je vis désormais une vie qui n’est pas mienne.

Je suis un amputé de l’amour. Je pense à la grande guerre et ces pauvres âmes revenues sans un bras, une jambe ou un visage. Je me vois amputé de mon cœur. Tu vois, Journal, comme si une main avait extirpé mon cœur de sa cage thoracique.

De jour comme de nuit, j’y pense. Je me réveille à toute heure. Souvent elle est avec lui. De jour comme de nuit mon cœur bondit. Comme s’il allait lâcher sous le choc. Mon cœur est épuisé. Je t’avais écrit, Journal, que mon cœur saigne et pleure. C’est toujours vrai. La journée je sens les larmes couler sur mes artères. Je le sens souffrir et saigner comme une éponge gonflée.

Et cela fait deux mois. Je pensais aller mieux mais, non. J’aimerais retomber amoureux mais je n’ai plus de cœur, Journal ! J’ai même l’impression que l’on ne me voit plus. Je suis un fantôme qui traverse la ville.

Voilà Journal ce soir c’est noir. Et comme je dis à tout le monde, demain ça ira mieux.

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Lolita Véda
Lolita Véda :

Deux mois, c’est long et c’est court en même temps. Laisse toi le temps de panser ce coeur endolori. Un jour, tu tomberas de nouveau amoureux, quand ton cour sera prêt.

HeartandK
HeartandK :

Comme je comprends ce que vous écrivez et ressentez...

rotvi
rotvi :

Très bel écrit où chaque mot distille un fragment noir de cette perte qui abîme ton cœur. 

Maryline_du_59
Maryline_du_59 :

tu as le cœur brisé en mille morceaux et tu ne vas pas le recoller du jour au lendemain, traverser cette épreuve est très difficile, la fin d'une relation amoureuse depuis des années est douloureuse, les liens sont rompus,le froid glacial que l'on ressent lors d'une rupture s'installe en soi et ta vie semble se vider de tout, on plonge dans un abîme de tristesse, de douleur intense. aujourd'hui tu vis cette rupture  comme un processus de deuil et tu penses que tu ne retrouveras plus jamais l'amour, tu te dévalorises, le déni s'installe. Ne te culpabilise pas ,quand tes blessures seront ­guéries, elles te permettront de faire confiance à nouveau et d’accepter d’ouvrir encore ton cœur à l’amour!