Le bien, le mal et l’amour

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Cher Journal,

Je me suis réveillé lundi matin avec une énergie nouvelle. J’ai pris le taureau par les cornes et j’ai décidé d’en finir avec ma tristesse. J’étais prêt, Journal. Incroyablement décidé à changer le monde. Le mien en tout cas.

Alors lundi je me suis occupé des papiers nécessaires pour avancer sur ce divorce. Mon ex ne fait pas grand chose et semblait comme attendre que je bouge. Alors j’ai bougé. En deux jours, le dossier était bouclé. Pièces administratives, éléments financiers et autres photocopies ont toutes été réunies pour le plus grand plaisir de nos avocats.

Puis j’ai commandé une tonne de cartons et ce week-end j’irai retrouver cette grande maison dans laquelle j’ai versé tant de sueur. J’en connais chaque recoin, chaque épaisseur de mur. Mais je ne la pleure plus. C’est ainsi. Alors ce week-end je vais vider, trier, jeter, ranger et avancer.

J’ai une énergie folle.

Je veux me libérer de mon syndrome de Stockholm. Finalement, j’ai aimé, défendu et pleuré pour mon bourreau jusqu’à dimanche soir. Je la comprenais, je la pardonnais et je l’aimais encore malgré la souffrance qu’elle m’avait infligée. Et je me suis souvenu de ses propres mots : « je comprends ta douleur, c’est un peu comme si tu étais pris en otage. »

Oui je me suis souvenu avoir compté mes jours à ses côtés. Je luttais pour sauver notre couple et elle continuait à entretenir une relation avec son amant. Chaque jour j’étais plus inventif, plus généreux, plus tout ce que tu voudras, Journal. C’est à ce moment que j’ai développé le syndrome de Stockholm. J’ai aimé mon bourreau.

Et puis j’ai compris une autre chose tres importante dans ce monde. J’ai lu un livre de Jean d’Ormesson « Guide des égarés ». Il y a un passage sur le mal et le bien. Le mal, explique t’il, est la première nature de l’univers, de la vie et de la matière. Les planètes s’engloutissent, la vie est vouée à disparaître et la matière se transforme et se déforme indéfiniment. Les animaux soufrent de leurs prédateurs. Et l’esprit humain ajoute un soupçon de mal. Ainsi donc la souffrance et le mal sont la nature première de toutes choses.

Or notre modèle social et éducatif nous explique que faire du mal est ... mal. Il y aurait donc des gens qui nous font du mal. Comme mon ex. Ce n’est pas comme ça qu’il faut prendre le problème.

Philosophiquement le bien est l’exception. Le bien c’est ce que l’homme peut faire consciemment pour se différencier de l’univers, du temps et de la vie. Lorsque je fais le bien, je vis ma vie et je défends mes valeurs.

Autrement dit.
Faire le mal n’est pas un acte volontaire. C’est un acte inéluctable, propre aux lois de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Ces lois n’ont que faire des états matériels et des états de l’esprit. Donc on ne nous fait pas du mal. Jamais.

Par contre, certaines personnes ont suffisamment de force pour lutter contre le désordre et le chaos générés par ces états aléatoires.

Rester fidèle est donc un acte fort, un acte volontaire et un acte qui s’inscrit dans une vision assumée du bien.

Ainsi je vois mon ex bien différemment. Elle a été ma preneur d’otage et elle n’a pas su défendre ce qui nous avait réunis : être des gens capables du bien, tout simplement.

Pour ma part, je ne me suis jamais laissé aller. Et il est temps de ne plus pleurer pour elle. L’univers, dans son joyeux bordel, a emporté les fragments d’une existence banale.

Je suis seul le survivant de ce chaos.

Et c’est tout ce qu’il fallait comprendre.

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Simplement Catherine
Simplement Catherine :

Ton écrit me touche particulièrement... je vis un divorce difficile avec une instrumentalisation de mon enfant... un ex qui me hais par dessus tout et qui ferra tout pour détruire la relation que j’ai avec mon enfant... ce qui est particulièrement dommage... bien triste est sa vie que de passer à détruire la mienne et pire celle de son fils ...

Maryline_du_59
Maryline_du_59 :

La séparation d'un être que l'on a aimé est difficile, après de nombreuses années de mariage, l'enveloppe du couple est difficile à briser, je connais, mon mari m'a quitté après 27 ans de mariage pour une femme qu'il a connu sur le net ,je pense que pour beaucoup de raison notre couple arrivait au bout de son cycle, on n'arrive jamais à l'admettre, on essaie de s'accrocher mais en réalité, au fond de nous, nous savons que c'est impossible car les ressentiments se sont accumulés, il faut mieux se quitter avant de se haïr.Comme tu le dis si bien, il ne faut plus pleurer pour celle ou celui que l'on a aimé durant des années mais recommencer un nouveau départ.