Les larmes sur le quai

lu 77 fois • écrit publicAjouter aux marque-pages

Mon cher journal,

Aujourd’hui j’ai goûté la joie extrême et la tristesse abyssale. Cette journée a été toute en émotion.

H., mon beau-fils, m’a rendu visite sur Paris. C’est la première fois qu’il venait passer une pleine journée depuis la séparation avec sa maman. 8 ans de vie commune a noué des liens indélébiles, je l’espère, entre lui et moi. À la demande de H., sa mère accepte donc de donner une journée de ses week-end à elle pour que H. puisse me retrouver.

Donc de matin, je récupère mon H. À la gare. 15 ans et pourtant encore des allures d’enfant. Je me souviens la première rencontre. Le petit bonhomme était tout timide. Il y avait un mur entre nous. Il se protégeait. Et tout est tombé rencontre après rencontre. Au premier hiver il glissait sur la neige dans la luge que je traînais. A noël il croulait sous les cadeaux. Puis nous avons trouvé une grande maison et il a pu avoir sa grande chambre. Deux chatons sont venus compléter le bonheur que nous fabriquions. C’était hier. Et notre complicité a remplacé les liens du sang qui nous faisaient défaut.

Alors lorsqu’il est apparu sur le quai de gare, ça a été un soleil un jour d’automne. Nous nous sommes serrés dans les bras. Puis nous nous sommes transformés en touristes amusés par les courbes de la plus belle ville du monde. Nous sommes allés visiter la Sainte Chapelle. Extraordinaire. Puis nous avons déjeuné chez un japonais sur l’île Saint Louis. Délicieux. Nous avons regardé les boutiques et acheté des friandises. Puis nous sommes allé au musée des arts asiatiques Guimet. Au bout d’une heure nous nous sommes échappés pour acheter des petits gâteaux. Puis nous sommes allé les dévorer dans mon petit appartement.

Et puis ça a été le moment du triste retour. Il m’a expliqué comment sa maman voulait déjà lui présenter son nouvel homme et comment il avait refusé. Je lui ai proposé de plutôt lui demander du temps : « Dis-lui oui mais pas tout de suite. Elle comprendra. » Il était en colère contre son bonheur égoïste lorsqu’elle riait toute seul le soir devant l’écran de son téléphone. Il a parlé de notre maison que nous allions vendre et abandonner à d’autres. J’ai écouté sans verser une larme, en restant posé et sage.

Alors nous sommes arrivés à la gare. Il est monté dans le train et a pris place, comme un grand qu’il est désormais. Je lui ai fait signe par la fenêtre. Je n’ai pas pu attendre le départ. Je me suis caché derrière une grande colonne et j’ai pleuré. J’ai pleuré pour ce fils qui n’est pas le mien. J’ai pleuré de le savoir malheureux. Pour moi, c’est dur mais ma vie se refera. Pour lui, les prochaines années lui seront imposées. H., sa nouvelle maison, son nouveau beau-père.

16
+1
Ils aiment cet écrit :
  • Blue Moon
  • Indy
  • tsunami
  • mmg
  • Antileus
  • Never.Forget
  • october
  • New Life
  • Titus
  • Black Magic Girl
  • rotvi
  • Titia7
  • Diversité
  • Umber
  • Vilon
  • MisSophie
Partager l'écrit

Aucun commentaire, sois le premier à en laisser un !