L’amour dans la souffrance

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Cher journal. Il me faut aussi te parler de la lumière. Car au-delà des souffrances et de leurs conséquences physiques et morales, se trouvait aussi l’amour. Durant ces deux mois, j’ai été merveilleusement entouré. Même si j’ai pu garder ce terrible événement dans le secret pendant près d’un mois, mon père a très vite compris. Il est resté discret mais présent. Ma soeur fut la première informée. Elle m’a aidé à comprendre la situation. Son avis de femme m’a été important. Ses actions de soeur ont été les onguents d’amour placés sur les blessures à nu. Ma mère m’envoie chaque matin des messages de courage et de bonne humeur. Elle est ma force, elle qui se bat contre son cancer de la moelle osseuse, elle qui me remonte le moral depuis le fond de sa chimiothérapie. Il y a ma fille, vingt ans, qui est là, même loin, pour son père. Il y a mon beau-fils qui a demandé à passer un week-end par mois avec son beau-père. J’ai pleuré de joie. Moi qui suit un roc comme aime le dire encore mon ex épouse. J’ai pleuré de joie après avoir pleuré de tristesse tout le mois durant. Les fêtes sans elle ont été une terrible épreuve. Tout a été si vite. Cette année le Père Noël n’avait rien pour moi. Il avait volé ma vie.

Pourtant la lumière est apparue en tout lieu. Il y a eu ma belle-mère qui me demande sans cesse de tout faire pour que sa fille reste avec moi. Il y a ma belle-soeur et mon beau-frère qui m’aident à remonter à chaque fois que je touche le fond. Il y a les amis. Les vrais. Ceux qui sont là quand on est à terre. Ceux qui vous aident à vivre encore. Puis il y a toi, ma femme qui me quitte, qui ne cesse de me dire combien tu as été heureuse avec moi et combien je suis formidable face à l’épreuve. Tu pleures ta culpabilité à chaque fois que nous nous retrouvons. Tu me dis le mari idéal. Tu te dis perdue et malheureuse. Je te console dans mes bras, moi que tu quittes. Et je ne verse pas une larme. Je te fais un sourire réconfortant. Et je te dis que je suis encore là pour toi.

Toutes ces preuves d’amour m’ont sauvé du pire. Je partais au fond du fond. J’étais désespéré. Parce que j’étais totalement amoureux de cette épouse parfaite. Notre mariage a baigné dans l’émotion. Le jour de nos vœux, les larmes de joie ont coulé sur toutes les joues. Nous étions un couple idéal. Mon épouse était la femme modèle. J’etais probablement aussi le gendre idéal. Cette explosion était impossible. Je n’ai rien vu venir. Personne n’a compris. Ça a claqué dans l’air comme un grand coup de revolver (Cali). Elle était libre, belle, couverte de belles robes et de bijoux. Je travaillais loin du foyer toute la semaine et jamais une seule fois je n’ai imaginé le pire. Jamais je n’ai manqué de confiance à son sujet. Jamais je n’ai eu d’yeux pour une autre. Elle s’épanouissait professionnellement. Elle était la plus belle de toutes les femmes. Alors personne ne comprend ce que personne ne pouvait imaginer. Et tout le monde, avec pitié ou amour, m’a donné un généreux et authentique moment de soutien.

Tout cet amour m’aide et me fait tenir la tête hors de l’eau. Je suis resté fort et calme. Toujours aimant avec mon épouse. Je n’ai jamais eu un mot déplacé avec elle.

Aujourd’hui c’est encore l’enfer chaque nuit et chaque journée. Mais tous les jours je reçois des messages et des appels téléphoniques. Et à chaque fois je remercie pour le geste. La publication sur ce site est aussi une bonne idée. Quelques pouces levés, quelques mots suffisent à apporter un peu de chaleur.

Et cela contribuera à me faire revivre un jour en conservant les mêmes valeurs. Je veux rester le même et ne pas abîmer mes principes de vie à cause de cette triste fin.

Le jour de notre mariage le prêtre avait prononcé une phrase qui nous définissait : « faites aux autres ce que vous aimeriez que l’on vous fasse ». Cela a été notre philosophie de vie pendant 8 années. C’était notre phrase, notre manière d’être envers les autres. Je ne pouvais pas imaginer que mon épouse puisse trahir ainsi nos valeurs les plus chères.

Aujourd’hui je me sens le dernier garant d’un certain esprit. Aimer n’est pas sans conséquence. Chaque jour est une pépite dans cette vie. Mais une pépite, ça attire les convoitises et ça se protège. Ça se protège à deux. Trahir l’autre c’est se trahir et au final, c’est s’abîmer. J’ai été meurtri. À moi de ne pas m’abimer d’avantage. Je veux pouvoir aimer à nouveau comme j’ai aimé. Et même plus encore. Je serai avec ma future moitié l’homme que je suis profondément.

Voilà cher journal la promesse que je te fais. Revivre un jour, rester le même, donner tout mon amour et toute ma confiance.

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