Alors parlons.

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2019 est là et avec elle des résolutions qu'on ne tiendra pas. J'ai cessé d'en prendre parce que je trouve ça absurde d'attendre l'aube d'un nouvel an pour changer, le changement doit se faire quand il est jugé nécessaire point final. Tout de même, il y a une chose que je voudrais faire aujourd'hui, quelque chose que je ne fais pas souvent, je voudrais te parler. Te parler sans faux semblants, sans futilités, réellement te dire ce qu'il est nécessaire de dire, alors parlons.

2018 a été une année très bien pour être honnête. Au début, elle me semblait plutôt étrange, une sorte de pressentiment que les choses seraient très différentes, et jusqu'à un certain point elles l'ont été. En 2018 la situation financière de ma famille a été très instable. Mon père a été au chômage presque toute l'année et ça été assez difficile. Le salaire de ma mère, qui n'est pas très extravagant, a été notre seule source de revenue assurée, parce que étant fonctionnaire de l'état, la pension que mon père touchait n'était pas suffisante, et des fois elle ne venait même pas à cause de la crise financière au pays. On a toujours été habitué à un certain style de vie à la maison, mes petits frères n'ont jamais manqué de rien et mes parents ont fait leur possible pour qu'ils puissent garder leur style de vie, mais les choses n'ont fait qu'empirer. Avec leur situation je me suis sentie comme un poids pour mes parents toute l'année. J'ai des fois voulu rentrer, me contenter d'étudier au pays, mais je sais que ce n'est pas leur volonté et que je les blesserais en évoquant cela, alors je n'ai rien dit.

Mon géniteur lui a disparu, réapparu et re-disparu, et cela toute l'année... Il passait des mois sans donner de nouvelles. Cette année je n'ai jamais autant souhaité avoir un autre papa. Un père plus fiable, un papa qui serait là. Je ne lui en veut pourtant pas, je sais qu'il fait de son mieux, du moins jusqu'à un certain point. Je sais très bien que c'est une chance d'avoir mon père encore en vie et en bonne santé, et j'en remercie Dieu, parce que beaucoup de mes amis ont perdu un parent cette année, mais ça n'a pas empêcher de vouloir effacer la rencontre de mes parents, leur histoire, si ils se sont jamais aimés, et mon existence... Je voulais juste tout effacer. Maman en a le plus souffert. Elle n'arrivait pas à le contacter alors elle devait prendre soin de moi toute seule, seulement elle a déjà 5 autres êtres dont prendre soin toute seule. Elle a dû s’endetter, tellement de fois, je crois que c'est ce que je détestait le plus. Ma mère est une femme forte qui ne se plains pas, elle se bat toujours pour nous, et cette année elle semblait tellement seule dans ses batailles. Je la sentais toujours tellement désolée de ne pas pouvoir me donner plus, de ne pas pouvoir faire plus pour nous, mais elle faisait déjà tout. Il y avait certes des fois où j'étais attristée de ne pas pouvoir faire certaines choses, mais ce n'était pas important, j'aurais le temps de faire ces choses et d'autres quand j'aurais mon propre salaire, quand je serais ma propre responsabilité. J'ai essayais au mieux de lui faire comprendre que tout allait, que je n'avais besoin de rien, que ses efforts étaient suffisants. C'est pour elle que je suis le plus reconnaissante. Avant j'avais du mal à réaliser tout ce qu'elle représentait, aujourd'hui je sais qu'elle est l'un des piliers fondamentaux de ma vie. Mais ma maman qui nous soutiens tous n'a personne pour la soutenir elle, personne d'autre que Dieu, et elle a été malheureuse... elle l'a souvent été, assez souvent pour évoquer vouloir se séparer de son mari.

Quand maman m'a dit qu'elle voulait divorcer j'ai pensé que c'était une de ces choses qu'elle balançait juste comme ça comme elle le fait souvent. Mais non, c'était plus. Puis tout ses moments de solitude dont j'ai pu être témoin, sa fatigue, les conversations qu'elle avait dans le vide, les remarques qu'il lançait pour la rabaisser, les longues nuits qu'elle passait à attendre qu'il rentre lors de ses jours de paie... J'ai repensé à tout ça et j'ai eu peur que ma famille se déchire pour de vrai. Qu'est-ce-qui arriverait à mes petits frères? Comment est-ce-qu'ils vivraient ça?.. Mais le bonheur de maman alors?.. Malgré mes inquiétudes, au final c'est sa décision et j'espère qu'elle prendra la meilleure pour elle même, qu'elle pensera à elle avant tout, même si j'en doute.

C'est fou ce que tant de chose peuvent se dérouler sous nos yeux, nous affecter directement, blesser les gens qu'on aime sans qu'on puisse y faire quoi que ce soit. En 2018 j'ai appris que l'impuissance face aux situations qu'on ne saurait changer est le pire des sentiments. Il faut attendre et prier que tout s'arrange. J'ai foi en la prière, pourtant l'espérance en ce que je ne pouvait voir à demander de moi plus que je ne croyait posséder. J'ai beaucoup fait l'autruche aussi, étudier et porter de l'intérêt à BTS ont été mes principales distractions; Quand je m’inquiétait pour mon géniteur je regardais des heures de Bangtan faisant des idioties et étant adorables, et quand j'étais triste pour ma mère j'étudiais ou alors je faisait des recherches sur mes options de carrière ou sur comment faire de l'argent tout de suite. Mais l'impuissance demeurait, elle était toujours là.

Vers décembre, j'ai aussi trouvé du travail (que j'ai arrêté de toute façon, je t'épargne les détails.), mon premier boulot. J'étais plutôt excitée mais sans aucun doute j'avais sous-estimé ce que ça représentait. Enfin voilà, c'était un boulot de serveuse, quand je l'ai dit à maman elle m'a demandé d'arrêter tout de suite (ce que je ne pas fait), que je n'était pas prête et qu'elle ne voulait surtout pas que je travail en tant que serveuse (à cause de la difficulté du job). Enfin voilà j'aurais dû l'écouter. Je vais en rechercher un autre, mais un moins prenant si possible, genre caissière à mi-temps. 2018 a donc été l'année de ma première vraie expérience du monde adulte, et ça ne m'a pas vraiment plu, lol.

Enfin voilà cette année je pense aussi avoir trouvé quelque chose qu'il me plairait de faire, mais j'ai peur de me lancer. J'ai peur parce que avoir des rêves ne s'est jamais bien passé pour moi, alors l'éventualité d'espérer encore en quelque chose puis d'être déçue et de me retrouver de nouveau sans repères m'empêche de faire ne serait-ce qu'un pas vers ce rêve. Je t'en parlerais Diary si je décide de me lancer, sinon je n'en ferais rien.

Je viens de faire ce que je n'aurait jamais cru pouvoir faire, parler des choses qui m'affecte réellement. J'espère pouvoir en faire autant avec mes proches à l'avenir, seulement c'est dur d'être honnête envers les autres quand on n'arrive même pas à l'être envers soi-même. Cet écrit était censé être une platitude de nouvel an de plus quand je l'ai commencé, mais cette année j'ai 20 ans et j'aimerais croire que 20 ans est l'âge où je deviens courageuse. La vie ne sera pas forcément ce qu'on attend d'elle, mais le chemin reste le notre; C'est à nous d'en faire un chemin praticable, moins pénible, à nous de défricher les mauvaises herbes qui nous empêchent d'avancer... j'espère qu'en prenant du courage, j'en défriche au moins un tas.

Now see you Diary. Je dois y allé, j'ai une existence à mener (non je rigole je vais matter des séries comme d'hab).

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nomadeleternel
nomadeleternel :

j'aime énormément comment tu as terminé cet écrit, i feel it. par ailleurs, je pense que tu es déjà courageuse
meilleurs vœux pour cette nouvelle année que ce soit pour ton entourage comme pour tes ambitions