Meurtri par ce père

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Météo : Soleil et nuages | 13°C
Envie : Apprendre à accepter
Humeur : Envie de se confier
♫ Musique d'ambiance : [source]
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Qui peut vivre réellement dans le moment présent ? Dans tout les cas j'en suis complètement incapable.

Mon passé, est la, il me hante, me terrifie, et m’empêche d'avancer. C'est comme traîner un boulet à son pied, qui au fils des jours, des semaines et des années, devient un peu plus lourd.

Depuis la naissance de ma fille Emmy, mon passé m'a explosé au visage, comme si il avait attendu le moment opportun pour me tuer. Je ne l'avais pas oublié, mais je vivais avec sans trop de problème.

Je n'avais pas de soucis insurmontable. Puis il y a eu la naissance de ma fille, et la, depuis ce jour, j'y pense chaque jours. J'aimerai exagéré quand je dis que chaque jour je ressasse ce passé, mais ce n'est pas le cas.

J'ai une boule au ventre, un mal être constant. Je pleure. Je pleure souvent. Un film triste, une phrase qui me rappelle ma souffrance et je suis emportée par les larmes. Une musique, un moment d'émotion, et je craque.

J'ai l'air forte, limite sauvage. Mais je suis si faible. Tellement faible, que j'ai peur d’être emporté. Je ne sais pas si mon frère et ma sœur souffre autant que moi, mais mon Dieu, moi j'ai vraiment mal.

Et je ne sais pas comment m'en sortir. J'ai l'impression d’être bloqué. Mais je m’enfonce toujours un peu plus chaque jours.

Je n'arrive pas à me concentrer, à finir ce que je commence, je suis anéanti.

Je me sens oppressé, et même au boulot, je n'arrive plus à rester la, assise, à répondre aux clients. Je voudrais crier !!!!

Hurler à tous ma douleur, mais je ne peux pas. Je suis perdu.

Je suis emporté par la douleur, la douleur d’Être moi, d’être comme une chose, à laquelle on a tout enlevé. L'espoir, la chance d’être "normal".

Je ne suis ni une bonne mère, ni une bonne compagne. Je ne suis même pas bonne au travail. En un mot, je suis bonne à pas grand chose.

Je ne supporte pas d’être obligé de me lever chaque matin, de travailler pour une société que je me fiche totalement, de travailler pour des gens que je ne connais pas.

J'aimerai pouvoir partir, loin, voyager et oublier. OUBLIER. C'est tout ce que je demande.

Certains ont la chance d'oublier leurs traumatisme de l'enfance. Moi je suis la, et ce traumatisme ne me lâche pas. Il m'a rendu handicapé , handicapé de la vie.

Certains n'oublie pas, mais réussisse à faire de belles choses. Mais moi, je suis la, à me plaindre, à ne pas réussir à avancer, à ne pas réussir à faire une chose bien. J'ai mal. Cette souffrance est presque irréelle.

Je sais que d'autres vivent des choses bien pire encore. Mais ça ne me fait pas dédramatiser ma situation.

Surtout quand je lis des cas similaires au mien dans les journaux, que je l'entend aux informations. Quand je vois tellement d'enfants vivre ça quotidiennement.

Mon Dieu, mon cœur se serre, et je veux hurler, je veux frapper et changer ce monde de fou.

Mais je ne suis personne, je ne suis rien, et je ne peux rien y faire. Je n'arrive déjà pas à guérir moi même. Comment pourrais je aider les autres.

Ma maladie ? Mon mal être ? Il a commencé quand j'étais encore un bébé, innocente à toutes cruauté de ce monde. J'ai eu la malchance d'avoir un père pédophile. Il m'a tout enlevé. Aujourd'hui il est mort. Il c'est suicidé quand j'avais presque 9 ans. Quant un enfant du quartier a dénoncé ses actes.

Aujourd'hui mon conjoint peut à peine me toucher, et ensuite je ressent du dégoût,et de la honte, je ne peut pas non plus prendre mon aîné dans les bras, et je ne supporte pas que l'on me touche. Je ne supporte pas non plus les contraintes. Je ne peux pas me décrire. Je suis perdu.

Les psy ne peuvent rien pour moi. Je ne sais plus vers qui me tourner. C'est tellement difficile de parler de ça. Tellement difficile à assumer.

Je veux juste vivre dans la lumière, et ne plus me cacher sous ce passé douloureux, et honteux....

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  • Doriane 76
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Doriane 76
Doriane 76 :

Tant de souffrance à évacuer. 
Je suis bouleversée par votre écrit parce qu'il concerne l'actualité et que des décisions vont être annoncées demain. 
Je penserai à vous. 
 
 

Titia7
Titia7 :

Merci beaucoup pour votre commentaire, il est vrai que j'avance, mais j'ai l'impression que le chemin est encore bien long. Merci de m'avoir lue et merci pour votre commentaire qui me fait me sentir moins seule et moins incomprise