Dimanche 04 Août 2019 - Le bonheur est dans le pré

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Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer.


Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite. Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.


Dans l’ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite, dans l’ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.


Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite, sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.


Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite, sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.


De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite, de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.


Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite. Saute par-dessus la haie, cours-y vite ! Il a filé !

C'est ma deuxième maison ici, je m'y sens bien. Je passe la majorité de mon temps au jardin et dans le laboratoire, à transformer fruits et légumes en confitures, tartes et autres préparations. Les gens sont en vacances et n'ont pas envie de cuisiner, si bien que tout se vend comme des petits pains. J'en ferai le double que ça ne suffirait pas encore, je n'arrive pas à suivre. Hier j'ai préparé 50 feuilletés aux épinards et autant de petits gratins de pêches/abricots aux amandes. Tout est parti en quelques heures, comme les gaspachos que j'ai faits ce matin. J'aimerai faire plus, mais seule en cuisine ce n'est pas possible malheureusement. Il faudrait que j'y consacre toutes mes journées, mais je tiens absolument à passer du temps et faire des activités avec les enfants. C'est les vacances après tout. Des vacances différentes, mais des vacances quand même.


Il y a beaucoup à faire, surtout l'été, et Damien s'en sort difficilement. Il aurait besoin de main d'oeuvre, mais il parvient à peine à se verser un salaire, il ne peut donc pas embaucher de saisonniers. Il peut compter sur Nico à qui il offre le gîte et le couvert, mais la chaleur de cette année fait mûrir tout trop vite et sans réactivité Damien risquerait de voir périr une partie de ses récoltes, et comme sa plus grande fierté est de proposer de l'ultra frais, ce n'est pas du tout concevable.


Nous sommes arrivés avec du renfort. Philippe, le grand-père de Jules, et Mourad, le papa d'Eloi, ont proposé leur aide. Les enfants sont contents, les 4 "foramidables" sont réunis. Maeva est là elle aussi, elle a voulu redescendre avec nous. Nous lui avons bien demandé si elle était sûre d'elle, parce que nous ne rentrerons pas avant 3 semaines, et oui, elle s'amuse trop bien avec nous, elle est certaine de se plaire ici, a promis de ne plus faire de bêtises et d'être gentille avec Stella. Je passerai volontiers sur les sottises, c'est une enfant, mais je serai intransigeante quant à son attitude envers les petits et ne supporterai pas qu'elle s'en prenne à eux.


Cet après-midi nous sommes allés voir les bisons, comme aux Etats Unis d'Amérique comme dirait "Buffalo" Eloi. Damien et le propriétaire de la ferme se retrouvent souvent sur les marchés, et ce dernier nous a invités à visiter son exploitation. Il savait que ça plairait aux enfants, son élevage est plutôt insolite. Moi qui pensait qu'un bison avait le gabarit d'une vache, je suis tombée de haut. Ces bêtes sont énormes et d'une puissance impressionnante. Une des femelles avait un veau et était particulièrement agressive. J'imagine les dégâts que pourrait faire un animal de plus d'une tonne chargeant sur vous pour défendre sa progéniture. Encore une fois la prudence devait l'emporter sur la curiosité, mais nous avons passé un bel après-midi.


Moi qui suis en pleine réflexion sur mon avenir professionnel et qui pense sérieusement à une reconversion, je me demande si ce que je fais ici pour m'amuser ne pourrait pas devenir mon nouveau métier. Ca me trotte dans la tête depuis un moment, j'ai envie d'autre chose, d'être au contact de la terre, de faire quelque chose qui me plait vraiment, qui me correspond. Je me sens prête à franchir le pas, seul l'aspect financier me retient. Si j'étais seule, je ne me poserais sans doute pas la question, mais j'ai des enfants et je veux leur offrir ce qu'il y a de mieux, ne les priver de rien et leur préparer un bel avenir. Je me laisse encore quelques mois de réflexion, le temps de voir ce qui m'attend au boulot en septembre, mais les choses commencent à se dessiner et un projet à mûrir. Seul manque à l'appel le facteur audace.

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