Samedi 20 Juillet 2019 - Normand'hic!

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Le problème lorsqu'on arrive sur un marché l'été, c'est qu'on ne peut pas résister à l'odeur du poulet rôti. Les effluves d'épices, de peau lentement grillée, vous attirent irrémédiablement devant la rôtisserie. Je me demande si on ajoute pas un peu de poudre de perlinpimpin, du genre penthotal, à la marinade pour annihiler notre volonté et anéantir notre capacité à tenir bon. On nous fait croire que c'est du paprika, mais va savoir. On a pris aussi des patates confites dans le jus de cuisson, ça aussi c'est incontournable. L'avantage, c'est que le menu est tout trouvé. Petit détour par l'étalage du crémier pour choisir un bel assortiment de fromages normands, par celui du primeur pour acheter la salade et des fruits, et le tour était joué.


On est entré par curiosté dans une boutique de fringues qu'Emma avait repéré. Emma, c'est la reine du shopping, elle aurait dû être relookeuse. D'un coup d'oeil, sans même en franchir le seuil, juste en balayant l'intérieur du regard, elle sait si une boutique vaut la peine qu'on s'y attarde ou pas. Et là, bonne pioche, que des vêtements de style marin.

En deux temps trois mouvements, elle a choisi pour chacune d'entre nous une tenue inspirée de la traditionnelle marinière rayée bleu et blanc. Pour elle un combishort très court et sexy, sans manches, smocké au dessus de la poitrine, qui lui allait très bien. En même temps elle est super bien foutue, et audacieuse car une pièce comme ça il faut oser la porter. Elle a proposé à Suzon d'essayer une robe cintrée qui mettait parfaitement en valeur sa silhouette, pour Lola elle a opté pour une combinaison taille basse avec des liens à nouer sur les épaules et pour Maeva une robe toute droite avec des poches plaquées, et une ceinture en cuir et jean. Comment elles étaient belles les filles! Enfin elle m'a fait enfiler une robe portefeuille en me précisant bien que oui, c'était beaucoup plus court que ce que je porte d'habitude, mais que cette robe était faite pour moi. Il faut bien reconnaitre qu'elle a un don. La séance d'essayage terminée, on s'apprêtait à tout remettre dans les rayons quand la vendeuse nous a dit qu'elle s'en occupait.

En fait Emma était déjà passée à la caisse pour tout payer, en ajoutant pour la puce une robe trop craquante avec une petite tête de souris imprimée sur les rayures, et des accessoires pour compléter nos tenues. Quand je l'ai regardé en faisant les gros yeux, parce que quand même on était entrées pour s'amuser, par pour dévaliser la boutique, elle m'a prise par la taille, m'a fait un gros bisou en me disant "allez viens ma belle, on va boire un coup". On est donc retourné dans notre bar à cocktail.


Comme on ne concevait pas de séjour en Normandie sans dégustation de calvados, hier après-midi nous sommes tous allés visiter une exploitation. C'était enivrant, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots. L'univers du vin et des alcools m'a toujours captivée, je ne sais pas pourquoi, j'ai sans doute de lointains ancêtres vignerons. Toutes les étapes de la transformation du fruit, le savoir faire et la passion des hommes qui consacrent leur vie à perpétuer ces traditions forcent mon admiration. C'est de l'art en fait. Au même titre que la peinture ou la sculpture, il faut être inspiré et respectueux de la matière. Quand j'étais mariée avec Pierre, j'adorais l'accompagner dans les vignes, c'est d'ailleurs là qu'il m'a demandé de l'épouser. IL m'apprenait la vigne, le vin, de cep en terre, de fleur en grappe, de grappe en cueille, de cueille en hotte, de hotte en presse, de presse en cuve, de cuve en tonne, etc, comme dans la chanson, j'étais fascinée.

Les enfants nous ont donné notre soirée, Robin et Lola ont joué les babies sitters, avec Suzon comme chaperon sinon je ne les aurais jamais laissés seuls avec mes bébés. Nous avons pris une des navettes mises à disposition par la commune et Christophe nous a emmené dans un pub écouter du jazz manouche et boire quelques verres. Assez de verres pour faire tomber les inhibitions. Tous ne sont pas tous égaux devant l'ivresse, l'un avait l'alcool bucolique, à se rouler dans les pelouses en enlaçant un bouquet de fleurs "cueillies" dans les jardinières municipales et en hurlant qu'il adorait ce que la nature lui avait donné. "Ben t'es pas rancunier" lui a répondu le plus lucide des 6. Un autre avait l'alccol poétique et récitait "oceano nox" devant la mer, les bras en croix, d'autres l'alcool lyrique et improvisaient un concert de Air Guitar sur la plage. Et puis il y a mon petit mari, qui lui a plutôt la griserie rhétorique et s'est élancé dans de grandes déclarations d'amour "tu sais que j't'aime toi! T mon poto tu sais!" "Ma femme, j'la kiffe de ouf, mes enfants, j'les kiffe de ouf aussi". L'alcool neutralise aussi la pudeur, c'est bien connu. Le taxi nous avait à peine déposé devant la maison que tous on commencé à se dessaper pour finir à poil dans la piscine. Messieurs, vous n'êtes pas sortables, mais qu'est ce que vous êtes drôles quand vous êtes schlass! Je vous préviens, j'ai tout filmé.


Mes soulauds ne sont toujours pas réveillés, ils cuvent. Je vais mettre des serviettes dans le congel et préparer du thé au miel et au citron pour soulager leur gueule de bois. Après une beurrée pareille, ils vont avoir mal aux cheveux. En attendant je vais aller vérifier si mon petit mari ne fait pas un coma éthylique, lui qui ne boit jamais.

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  • Lolita Véda
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