Dimanche 17 Février 2019 - la bête immonde

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"Anne, ma sœur Anne,
Si j’ te disais c’ que j’ vois v’nir,
Anne, ma sœur Anne,
J’arrive pas à y croire, c’est comme un cauchemar...
Sale cafard!

Anne, ma sœur Anne,
En écrivant ton journal du fond d’ ton placard,
Anne, ma sœur Anne,
Tu pensais qu’on n’oublierait jamais, mais...
Mauvaise mémoire!

Elle ressort de sa tanière, la nazi-nostalgie:
Croix gammée, bottes à clous, et toute la panoplie.
Elle a pignon sur rue, des adeptes, un parti...
La voilà revenue, l’historique hystérie!

Anne, ma sœur Anne,
Si j’ te disais c’ que j’entends,
Anne, ma sœur Anne,
Les mêmes discours, les mêmes slogans,
Les mêmes aboiements!

Anne, ma sœur Anne,
J’aurais tant voulu te dire, p’tite fille martyre:
"Anne, ma sœur Anne,
Tu peux dormir tranquille, elle reviendra plus,
La vermine!"

Mais beaucoup d’indifférence, de patience malvenue
Pour ces anciens damnés, au goût de déjà-vu,
Beaucoup trop d’indulgence, trop de bonnes manières
Pour cette nazi-nostalgie qui ressort de sa tanière... comme hier!"

Mon pays est malade, et c'est contagieux puisque je le suis aussi. J'ai une grosse crise de foie, on me fait avaler trop d'horreurs. J'ai la nausée en voyant ce mot "juden" peint sur la vitrine d'un commerce, devant ces tags de croix gammées sur le portrait de Simone Veil, devant les arbres d'Ilan Halimi saccagés, devant les insultes racistes envers un écrivain, devant les lieux de mémoire profanés, devant les violences banalisées. Les chaines d'information en continu sont plus concentrées sur leur audience que sur la recherche de la vérité, les réseaux sociaux sont devenus des tribunes où chacun peut déverser son fiel, relayer ses messages de haine. Tout cela m'écoeure. J'ai l'impression que le diable est dans nos murs et ça me fait peur.


Le degrè d'intolérance est monté d'un cran. En voulant dénoncer l'injustice, certains ont réveillé de vieux fantômes, qui visiblement ne dormaient pas d'un sommeil profond. On cherche des coupables mais on se trompe de cibles, et on stigmatise toujours les mêmes. J'ai le sentiment que mon pays est atteint d'une crise d'epillepsie collective, d'un épisode de folie ordinaire qui semble n'étonner personne. On banalise, on minimise. Moi, ça me fait hurler et je ne sais pas quel moyen utiliser pour faire sortir toute cette indignation. Parler, dire non, c'est un début. "Qui ne dit mot consent".


Je regarde mes enfants jouer avec leur père et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour eux. Je refuse qu'on souille leur présent et que l'on salisse leur avenir. La France, c'est le pays des droits de l'Homme, du droit de tous les hommes. Je ne veux pas que la devise de la République ne serve plus qu'à orner la façade des bâtiments publics. Je crois hélas qu'on en a oublié le sens. A ce triptyque, prometteur message d'espoir, j'aimerai accoler un quatrième mot qui nous rapellerait à tous les fondements de notre patrie. "Liberté, Egalité, Fraternité, Humanité". Ca aurait de la gueule, non?

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