Jeudi 24 Janvier 2019

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Impossible de remettre la main sur le plaid dans lequel j'enveloppais Stella quand elle était tout bébé. Je l'adore cette couverture, c'est un cadeau d'Odile, ma petite voisine. Elle l'a tricoté elle-même, elle est à la fois chaude, légère et très douce, idéale pour la peau fragile d'un nourrisson, et j'aimerai bien la réutiliser pour emmailloter mon petit bonhomme. Je l'ai cherchée partout sans succès, et dimanche après-midi je suis montée au grenier pour vérifier que je ne l'avais pas rangée dans une armoire ou dans un carton. J'avais pris la puce avec moi car la chipie n'a pas voulu entendre parler de sieste.

Le grenier est propre et il y fait bien chaud. J'ai installé Stella sur une grosse couverture avec quelques joujoux et j'ai mis un peu de musique, une play list composée de vieilles chansons que j'aime bien écouter régulièrement. Poussés par la curiosité, les chats Oréo et Asap n'ont pas tardé à nous rejoindre, trouvant dans cet espace encore inconnu un parfait terrain de jeu. Je n'ai pas retrouvé ma couverture, mais le contenu d'une des malles m'a replongée dans un passé pas si lointain, me ramenant à l'une des journées les plus importantes de ma vie.


Devant moi, bien protégée dans sa housse, la robe que je portais le jour de mon mariage avec Pierre, et, en-dessous, dans un joli coffret, des photos, un faire-part, un écrin contenant mon alliance, et mon bouquet dont les fleurs désormais séchées avaient gardé toute leur délicatesse.

Intrigués, les deux mistigris n'ont pas tardé à venir explorer la malle vidée de son contenu, très vite rejoints par ma petite exploratrice en herbe, amusée par le froissement du fourreau en plastique. J'ai pris ma petite princesse dans mes bras et, en lui présentant un à un tous les objets étalés devant nous, je lui ai raconté leur histoire, et la mienne.


Nous nous sommes mariés en mai, deux ans après notre rencontre. Pierre était très élégant dans son costume noir, et moi je portais cette jolie robe blanche. Je me souviens que j'étais très impressionnée en remontant, au bras de mon père, l'allée centrale de cette charmante petite église. Mon bouquet était composé de petits roses polyantha, de lilas et de frésias blancs, il était magnifique. Le prêtre qui nous a unis est arrivé en moto, et avait gardé ses bottes sous sa soutane, ce qui avait scandalisé belle maman. Déjà lors de la préparation au mariage, j'avais trouvé qu'il avait beaucoup d'humour, pour un ecclésiastique. A la fin de la cérémonie, il nous a accompagné jusqu'à la sortie de l'église, il a serré la main de Pierre "que Dieu soit avec vous" et m'a embrassée sur la joue "surtout avec toi, Marie". Je n'ai pas su deviné su c'était un message d'encouragement, ou un clin d'œil aux divergences d'opinion au sujet de la foi qui nous avaient divisés.

La réception a eu lieu au domaine, au milieu des vignes. Je ne connaissais pas le quart des invités, il y en avait presque 200. Anne-Lise et Engherran, mes beaux-parents, avaient vu les choses en grand, le buffet était raffiné et le champagne coulait à flot. Le patissier qui a confectionné notre gâteau l'avait appelé le Névé. D'un blanc immaculé, il était aux trois chocolats, recouvert de copeaux de chocolat blanc et décoré d'une guirlande de fleurs en sucre et en pâte d'amande. J'étais complètement étourdie par toute cette effervescence, en épousant l'homme que j'aimais, j'avais dit oui à un monde qui n'était pas le mien.


Je sais bien que pour Stella, l'évocation de ces souvenirs ne voulait rien dire, que ce n'était ni plus ni moins qu'une histoire comme celle que je lui raconte le soir pour l'endormir, mais j'ai adoré ce moment.

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  • Elisa01
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vivreencore
vivreencore :

Effectivement difficile de savoir ce que Stella en a pensé. Mais pour un simple lecteur, cette lecture a été merveilleusement et magnifiquement belle ! Le mariage est une intarissable source d’amour.

mmg
mmg :

@vivreencore : Oh! merci. Quel joli commentaire.
Vous le savez sans doute mieux que personne, les histoires d'amour finissent parfois mal. La nôtre n'a pas échappé à la règle. Mais en chacun de nous sommeille un phénix qui ne demande qu'à renaître de ses cendres. Si on lui permet de prendre son envol, il saura faire rejaillir le feu.

vivreencore
vivreencore :

@mmg : Oui il ne faut surtout pas perdre le phénix ! Les ruptures nous apprennent beaucoup sur les autres mais elles nous apprennent surtout beaucoup sur nous. Il faut continuer à apprendre à se connaître, ne rien changer et veiller à développer nos rêves de toujours ! Le paradis est en nous. Il faut juste trouver quelqu’un qui a aussi un paradis à partager. Ce jour-là, le phénix renaîtra vite. :-)