Jeudi 20 Décembre 2018 - trop belle pour lui ...

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Lorsque je suis rentrée du boulot hier soir, Clément m'attendait dans le noir et le silence le plus complet. Je me suis inquiétée, j'ai tout de suite pensé qu'il était arrivé quelque chose de grave.


Il était assis sur le canapé, une enveloppe posée sur les genoux. Cette enveloppe attendait depuis plusieurs jours sur le bureau, je ne l'ai pas ouverte car je voulais qu'on découvre ensemble son contenu.


A l'intérieur, il y avait un album photo, cadeau de Christophe, notre ami de Normandie. Passionné, il ne lâche jamais son appareil et cet été il a fait de très beaux clichés de paysages somptueux, des enfants, et de nous tous réunis pour les vacances. Parmi eux, cette photo que j'ai découverte hier soir, et qui a mis Clément dans tous ses états. Je me souviens très bien : il faisait la sieste allongé sur l'herbe, la puce dormait dans ses bras. Je suis allée le rejoindre, je me suis couchée tout contre lui et j'ai posée ma tête contre sa poitrine. En entendant des bruits de pas, j'ai ouvert les yeux et c'est à ce moment là que Christophe a déclenché l'objectif.

Elle est très belle cette photo, je l'adore, elle dégage tant d'amour. Je n'y vois que l'image du bonheur, l'image d'une femme très amoureuse de son mari. Clément lui, l'interprète tout autrement. Pour lui, mon regard figé sur cette photo est équivoque, il y voit une attirance pour le photographe. Il est persuadé aussi qu'un photographe ne fait pas de tels portraits s'il n'est pas sous le charme de son modèle. Il devait être sous le charme de beaucoup de monde alors, hommes comme femmes, parce que toutes ses photos sont magnifiques.

Je déteste qu'on me prenne en photo, je ne pose jamais. Toutes les photos sur lesquelles j'apparais ont été prises à mon insu, ou alors il s'agit de photos de groupe sur lesquelles je me noie dans la masse. Clément le sait très bien.

Mais hier, il est entré dans une rage folle et m'a fait une crise de jalousie. Et comme à chaque fois que ça arrive, il m'a dit des choses horribles et injustes. J'ai eu beau essayer de le rassurer en lui disant qu'il s'infligeait des tortures inutiles, qu'il se faisait du mal pour rien, il m'a débité un tissu d'âneries, m'a reproché d'être trop belle, trop féminine, et d'être la reine des hypocrites. Puis il est parti en hurlant que sa mère avait raison, que je n'étais pas une femme pour lui. Il me saoule parfois, il m'arrive de ne pas le comprendre.


Quand on aime, il faut savoir pardonner. Pardonner la cruauté dont l'autre peut faire preuve lorsqu'il se sent trahi, humilié ou qu'il a peur. Sa jalousie, je la comprends et je l'excuses, même si souvent il dépasse les bornes, mais sa bêtise et sa mauvaise foi m'exaspèrent.


Nous allons tous nous retrouver chez Damien pour passer les" fêtes" de fin d'année ensemble. Même si je n'aime pas Noël, je me réjouis de nous voir tous réunis, de passer du temps avec les enfants, mais je n'ai pas envie que mon mari me serve la soupe à la grimace et gâche tout. Je le connais, il va faire la tête pendant des jours, va s'enfermer dans son mutisme à la con et m'ignorer comme si j'étais invisible. Il m'énerve.

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  • colombine
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