Mercredi 31 Octobre 2018

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Il est 5h00, Paris s'éveille. Euh! non, je me trompe d'histoire

Il est 18h15, R. est plongé dans le noir.


Nous sommes tous rassemblés sur la place, un homme s'avance, drapé d'une cape noire, monte sur l'estrade, et lève la tête. Nous découvrons le visage blême de Nosferatu qui prend la parole :
"je déclare ouvertes les premières ..." il s'arrête, toise la foule de son regard perçant, pointe vers elle un index inquisiteur "et pour certains d'entre vous, peut-être les dernièèèères ... potironnades des 7 villaaaaages!"


Tandis que les lanternes se rallument lentement, une musique lugubre accompagne un inquiétant cortège. La Marche Funèbre de Chopin donne le pas à un imposant percheron attelé à un vieux corbillard, bientôt suivi par un autre cheval de trait tirant un vieux chariot. Le fer des sabots raisonnent sur les pavés, on sent l'haleine chaude des étalons. L'étrange colonne s'arrête au milieu de la foule, la musique se tait, la lumière s'éteint, la pénombre est complète, il règne un silence de mort. On distingue des ombres sortant des deux attelages, puis on entend des chuchotements, une main vous frôle, on vous bouscule, on souffle dans votre cou, la puce se marre ... chut bébé, on va se faire remarquer.


Soudain une musique éraillée s'élance, comme sortie d'outre tombe, les lampes communales se rallulent et d'horribles silhouettes surgissent d'un peu partout, sautillant sur Thriller de M Jackson. Terrifiant corps de ballet où dansent côte à côte squelettes et momies, sorcières et fantômes, clowns maléfiques et poupées démembrées. Tous les enfants des villages alentour sont là, déguisés, le maquillage a transformé leur doux minois en épouvantables créatures.

Ils forment bientôt une ronde satanique autour de nous, nous entrainant inexorablement vers une destination encore inconnue. Nous arrivons devant la mairie où nous attendaient Frankenstein et son chien, enveloppé dans un linceul sanguinolant (confiture de fraise que le toutou a eu vite fait de boulotter).

Nous nous acquittons d'un droit d'entrée en jetant dans un vieux chaudron bonbons et friandises, pénétrons dans la salle du banquet et nous approchons d'un buffet couvert de toiles d'araignées et de bave de crapauds. Des chouettes hululent, des corbeaux croassent. Un valet borgne nous propose boissons aux couleurs suspectes, ailes de chauve souris grillées, langues de vipères et part de gâteau sarcophage. Tandis que nous nous sustentons, diverses créatures nécrophages rôdent autour de nous, avides de chair et d'os.


Mon bébé squelette (Clément a trouvé un costume pour la puce, elle est à croquer là-dedans, j'la boufferai) tire les couettes d'un petit vampire auprès duquel je m'excuse et que je félicite pour son maquillage très réussi : "je suis pas un vampire, je suis une vamripette". Vamripette, bien-sûr, j'aurai dû réviser ma grammaire.

La fête battait son plein, musique et rires couvraient le son de nos conversations, quand soudain la porte s'ouvrit en grinçant laissant entrer le froid et un amas de feuilles mortes poussées par le vent. Nosferatu fit son apparition. Revenant du cimetière où les esprits ont délibéré, il déroula un parchemin pour nous annoncer le nom du grand gagnant de la soirée.

And the winner si ... Esteban pour sa citrouille cerveau duquel s'échappait un liquide visqueux et blanchâtre. Tonnerre d'applaudissements pour le lauréat, et pour tous les bénévoles qui ont préparé cette magnifique fête d'Halloween.
A l'unanimité, nous avons tous décerné le prix du meilleur scénario à Philippe, notre maire, pour sa fabuleuse mise en scène et son imagination débordante, des meilleures maquilleuses à Chloé et Delphine qui ont travesti 30 enfants en un après-midi, aucun ne portait de masques, ils étaient tous grimés, et des meilleurs acteurs à tous les gamins qui ont passé deux jours à décorer, agencer et répéter. Ils nous ont tous bluffés!


Les esprits se sont tu, les feux-follets se sont éteints, morts vivants et squellettes ont retrouvé leurs tombeaux, les fantômes se sont évanouis dans la nuit, il était temps pour nous de regagner notre logis.


"Cocher lugubre et bossu, déposez-nous au manoir
Et lâchez ce crucifix
Décrochez-moi ces gousses d'ail
Qui déshonorent notre portail
Et nous chercher sans retard"


Le calme est revenu, les petits monstres ont retrouvé figure humaine et dorment paisiblement dans leurs lits.

H A L L O W E E N

I L O V E W H E N ... we are together

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  • Addam
  • Evana 19
  • mes maux fléchés
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Evana 19
Evana 19 :

Super soirée. C'est cool de lire un tel texte. 
Bisous à toi, ton guerrier et ton petit squellette. 
<3

mes maux fléchés
mes maux fléchés :

Et bien moi je te décerne le prix spécial de la narration. J y étais a cette fête d halloween. Merci pour ce tendre récit.

mmg
mmg :

@mes maux fléchés : Merci, mais je n'ai aucun mérite, j'étais bien inspirée

mmg
mmg :

@Evana 19 : oui, c'est vrai, c'était une super soirée, les enfants se sont beaucoup amusés, et moi aussi.
Bisous