Vendredi 08 Juin 2018

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Depuis mardi je n'arrête pas de penser à Joël.

Je ne sais pas pourquoi, j'ai ressorti de vieilles photos de classe, sans doute pour être un peu plus avec lui, en pensées.


Je les reconnais tous, ces enfants devenus des hommes, des parents, et, pour certains des grands-parents : Marina et son blouson en laine bouclettes - qu'est ce qu'on a pu la charrier avec ça - Adeline, la seule blonde de la classe, qui avait tous les garçons à ses pieds, Nadège, la reine du calcul mental, Philippe, le passionné d'équitation, Yves d'Yvetot, le normand p'tète ben qu'oui, p'tête ben qu'non, Freddy le roux clair et Eric le roux foncé, Zabou, ma chère petite soeur, Valérie, Brigitte, Maryse, Carl, Stéphane, Blandine, tous les autres, et Joël, le plus petit de la classe, qui nous faisait tous rire parce qu'il arrivait à faire bouger ses oreilles.

Nous n'étions pas vraiment des amis lui et moi, mais de bons camarades. Toutes ces années passées sur les mêmes bancs d'école avaient créé des liens. Nous avons fait toute notre scolarité ensemble, de la maternelle à la seconde, avant de nous perdre de vue. Lui a choisi un lycée agricole, pour pouvoir reprendre l'exploitation de ses parents, moi j'ai continué dans le même établissement pour passer mon bac, avant de quitter la région pour aller faire mes études.

Puis est venue l'heure d'entrer dans la vie active comme on dit, en faisant sa vie, on défait certains liens. On se donnait des nouvelles de temps en temps, on se croisait, parfois, on se saluait d'un petit signe de la main, d'un "bonjour, qu'est ce que tu deviens", on se suivait, de loin, comme pour beaucoup d'entre nous, le tourbillon de la vie nous avait happés.

Chaque fois que je vais chez mes parents, je passe devant sa ferme. Ce n'est plus le sourire du petit garçon espiègle qui va désormais apparaître devant mes yeux, mais le visage meurtri d'un papa anéanti par la perte de son enfant.


Aujourd'hui, ont eu lieu les obsèques de Thibault. C'était horrible, à la limite du supportable.


Je sais qu'aucun mot n'aura de prise, qu'aucun baume ne pourra anesthésier leur douleur, car on ne peut accepter une telle injustice. Et toutes ces questions qui doivent se bousculer dans leur tête déjà embrumées par le chagrin. . . Malgré cela j'ai écrit à Joël et sa famille. Une lettre de condoléances, quelques phrases qui, je l'espère humblement et de tout mon coeur, leur apportera un peu de réconfort.

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