Jeudi 10 Mai 2018

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Préparez votre, préparez votre pâte
Dans une jatte, dans une jatte plate
Et sans plus de discours
Allumez votre, allumez votre four
Prenez de la, prenez de la farine
Versez dans la, versez dans la terrine
Quatre mains bien pesées
Autour d'un puits creux,
Autour d'un puits creusé


En emballant mes gâteaux je n'ai pas caché de présent pour mon fiancé, ni fait le souhait d'amour qui s'impose, en revanche j'ai donné un petit récital pour trois paires d'oreilles ébahies, parce que tout le monde le sait, la vie c'est plus marrant en chantant. Bon, ça a un peu détraqué le temps puisqu'il a plu ce matin, mais je crois que mon public a apprécié. La puce faisait des bulles avec sa salive et le chien me fixait en penchant la tête tantôt à droite, tantôt à gauche, c'est un signe ça, non? Bon, en même temps le chat a tourné les talons pour aller se réfugier dans son panier. Ils n'ont peut être pas aimé tant que ça en fin de compte. N'empêche que maintenant, ils connaissent l'histoire de Peau d'Ane. En septembre Stella pourra la raconter à ses copains de la crèche, et à ses doudous le soir, pour les endormir. Un peu de culture, ça ne fait de mal à personne.


Ah ! Proust et sa madeleine, à la recherche du temps perdu … Ca marche très bien aussi avec le macaron de Nancy d’Odile, le rocher coco d’Anne-Laure et les cornets à la crème de Sylviane, il n'a rien inventé ce Marcel Proust. A chaque bouchée un saut dans le passé.

Je ne cours pas après ce genre de manifestations, j'ai toujours peur de m'ennuyer, de n'avoir rien à raconter, de paraître idiote, mais là c'était vraiment spécial.

C'est incroyable ce que la nourriture peut véhiculer comme émotions, et déclencher comme souvenirs, bons comme mauvais.

Nous n’étions que 12 à s’être mis aux fourneaux et nous sommes tous rentrés avec nos paniers vides. Tout a été vendu. Notre stand avait un atout de charme en la personne de choupinette, qui est une commerciale hors pair, avec sa petite bouille.

Anselme, le doyen du village, qui affiche fièrement ses 92 printemps, a enrichit la journée par le récit de quelques anecdotes : la guerre, les privations, le système D pour assurer sa subsistance. J'ai appris que, faute de mieux, il avait mangé du corbeau, du blaireau, qu'il n'avait jamais jeté un seul morceau de pain de toute sa vie, que le soir de Noël, sa mère préparait un pot au feu et des gaufres et que c'était, pour lui et sa fratrie, le meilleur des festins. Tout le monde a échangé des recettes, des astuces, vraiment je me suis régalée, dans tous les sens du terme.


Il était content notre maire, et n'avait rien laissé au hasard. Il avait sorti les tables de la salle des fêtes, les avait installées côté étang pour qu'on profite du cadre bucolique, avait préparé du café et des boissons fraiches, et avait invité les participants à stocker leurs préparations dans les frigos en attendant que les visiteurs arrivent. Hors de question de risquer un accident sanitaire, sa responsabilité d'élu était engagée, l'intoxication alimentaire ne passerait pas par lui. La mayonnaise a bien pris, pour rester dans le vocabulaire culinaire, et notre Abraracourcix a réussi son pari et récolté presque 700 euros. Pas mal pour un premier essai. Les piliers de son lavoir vont pouvoir être restaurés. Ah ça, il l'aime son village! Vu le succès rencontré, il a proposé que cette brocante gourmande devienne un rdv annuel, en espérant que la prochaine édition rassemble encore plus de participants. J'en suis certaine, vu l'enthousiasme de ceux qui ont mis la main à la pâte et les regrets de ceux qui n'ont pas osé. Et si notre village d'irréductibles gaulois devenait le village des irréductibles gourmands. Affaire à suivre ...

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