Lundi 15 Janvier 2018

lu 462 fois • écrit publicAjouter aux marque-pages

Lorsque nous sommes rentrés hier soir, le ciel était flamboyant. Les nuages avaient dû emmaganiser toute la lumière du soleil pour la restituer à la nuit tombée. Des strates de roses ondulaient entre des lignes de gris et des couches de mauves, c'était magnifique.

Philippe, notre maire, avait convié ses administrés pour leur présenter ses voeux. C'est la seule sortie que nous avons faite de tout le week-end car Clément était crevé et n'avait pas trop envie de voir du monde. Il repart pour deux semaines et voulait qu'on passse ce week end rien que tous les deux.

Notre maire essaie désespéremment de fédérer les habitants de son village, de les rassembler, mais la mayonnaise a beaucoup de mal à prendre. Manque de temps, manque d'envie. Je serai bien mal placée pour jeter la pierre à quiconque, jusqu'à maintenant j'étais la première à me défiler, mais par sympathie pour Philippe, nous avons accepté l'invitation.

Il avait demandé à qui le souhaitait de préparer une galette des rois, nous étions quatre à répondre à l'appel. J'en ai fait une aux biscuits roses de Reims, j'aime bien la préparer ainsi, ça change un peu, et à la découpe la couleur est jolie et surprenante. La meilleure d'entre toutes était celle confectionnée par Odile, notre petite voisine. Une brioche aux amandes, imbibée d'un sirop. Une méga giga tuerie. Elle m'a donné sa recette, mais je n'ai jamais su faire la brioche.

Nous étions une vingtaine, rassemblés sous le préau de l'ancienne école. Pour une commune de 70 âmes, ce n'est pas mal.

Je suis toujours très réservée avec les gens que je ne connais pas, je suis gauche, empruntée, je ne sais pas quoi faire de mes mains. J'ai sans arrêt l'impression d'être à côté de la plaque, d'être la seule tomate verte au milieu d'un champ de tomates rougies par le soleil.. Je suis dans un sentiment d'insécurité permanent, peur que j'ai beaucoup de mal à dominer, et je n'ai qu'une envie, me faufiler dans un trou de souri me mettre à l'abri. C'est d'autant plus compliqué que je ne sais pas faire semblant de me captiver pour quelque chose qui ne m'intéresse pas, j'ai donc un peu de mal à m'intégrer. Pour que je puisse me détendre et passer un bon moment, il faut que quelque chose ou quelqu'un me mette en confiance. J'ai fait beaucoup de progrès, notamment depuis que j'ai été transférée dans le service où je travaille depuis deux ans, mais il reste encore du boulot. Beaucoup de boulot.

Philippe nous a parlé d'un projet qui lui tient particulièrement à coeur. Il voudrait commémorer le centenaire de la fin de la première guerre mondiale. Notre région a été durement touchée par ce conflit et il aimerait rendre hommage à toutes ces familles qui ont payé un lourd tribut à la guerre tout un informant les jeunes générations. Il a donc demandé à tous de réfléchir à une façon originale d'aborder le sujet. La population du village est essentiellement constituée de retraités qui doivent avoir dans leur archives des souvenirs de leurs ancêtres et des témoignages de cette triste période. Ce serait sympa aussi de faire participer les enfants. Nous allons en parler à Robin et Lola. Ca pourrait peut-être entrer dans le cadre d'un projet scolaire, pourquoi pas.

3
+1
Ils aiment cet écrit :
  • Elisa01
  • etoiledesneiges
  • october
Partager l'écrit