Mercredi 15 Novembre 2017

lu 324 fois • écrit publicAjouter aux marque-pages

Je suis allée boire un café dans la salle de pause de l'autre côté de l'usine ce matin, pas dans celle attenante à mon service. Mes collègues me saoulent trop, j'en ai assez d'entendre les mêmes ragots, les mêmes critiques à longueur de journée. Faire une pause, c'est pour décompresser, par pour se farcir le crâne avec des âneries.

Big Boss a à peine annoncé qu'il me nommait Team Leader à partir du 1er janvier que déjà les diatribes fusent. Et devine qui est derrière cet élan de contestations? Godzilla bien sûr, fidèle à lui même, chef des irréductibles gaulois, celui par qui l'injustice ne passera pas. J'avais décidé d'ignorer ses frasques quotidiens, je ne t'en parle même plus d'ailleurs, ce serait lui faire trop d'honneur, mais force est de constater qu'il n'y a rien de plus énervant que d'entrer dans une pièce remplie de personnes ayant visiblement une conversation très animée, et que tout le monde se taise dès que vous ouvrez la porte. Et que dire de tous ces regards en coin et de tous ces petits rictus qui en disent long. Je suis loin d'être parano, mais je sais très bien ce qui se dit : obtenir une promotion dans une entreprise qui n'en donne plus, c'est louche. Il paraît que je couche, et que le gosse que j'attends, ben on sait pas trop qui est le père, que Clément a des cornes tellement grandes qu'on se demande comment il arrive encore à monter dans son camion. D'ailleurs, tout le monde a toujours eu des doutes sur les conditions de mon arrivée dans ce service, et il est de notoriété publique que je suis une allumeuse. Godzilla a sorti l'artillerie lourde, il dégaine plus vite que son ombre.

Je ne suis pas prétentieuse au point de penser que je suis au dessus des critiques, je ne suis pas parfaite et je sais pertinemment que je ne fais pas l'unanimité. Qui la fait vraiment d'ailleurs? Mais ces attaques personnelles me rendent dingues, ça va trop loin.

Il faudrait quand même qu'on m'explique : comment quelqu'un, qui critique tout le monde, que personne n'apprécie vraiment, arrive t'il à fédérer autant de gens autour de lui. Il faut lui reconnaître un grand talent : il sait amener les gens à parler, et à les diriger là où il veut les emmener. C'est le bon copain, qui fait des accolades à tout le monde, qui offre des cigarettes, qui promet la lune sous prétexte d'être délégué du personnel, comme si cela lui donnait un quelconque pouvoir - mais les gens mélangent tout -, qui a su instaurer une pseudo autorité qui n'est fondée que sur tous les petits secrets qu'il détient. C'est un serpent, et comme tous ceux de son espèce il a une langue bifide , donc un double langage. Je ne le supporte plus.

Cet après-midi, chef Chef m'a convoquée dans son bureau, pour me demander de faire fi de toutes ces injures, d'ignorer le panier de crabe (il est donc au courant). Je lui ai répondu que l'annonce de cette promotion était un peu prématurée. Je vais partir en congé maternité mi février, j'aurai préféré prendre mes nouvelles fonctions à mon retour. Je serai dans un meilleur état d'esprit, et l'organisation du service en souffrirait moins. J'ai peur que cet arrêt de 4 mois me fasse perdre le fil, et que j'ai du mal à raccrocher les wagons.

Il m'a ri au nez, en me disant que je me sous estimais, qu'il n'avait pas investi sur moi pour que je lui claque dans les doigts, qu'il avait parié sur un bon cheval et qu'il comptait bien doubler sa mise. Il me comprend (mon œil!), je suis vulnérable en ce moment, vu mon état, sa femme aussi était à fleur de peau quand elle était enceinte, mais tout va rentrer dans l'ordre, les choses vont se mettre en place d'elles-mêmes, il va y veiller (re mon œil!), bla, bla, bla. Il va reprendre la direction d'un troisième service, il a besoin de moi ici et va me confier encore plus de responsabilités. Il a un plan de carrière figure toi, il aspire à un poste de directeur d'usine, et ne compte pas s'arrêter là. Il faut donc qu'il prouve qu'il sait faire les bons choix en déléguant aux bonnes personnes, bref il a besoin d'un chiffon pour astiquer et faire briller son égo.

Il a ajouté, en me faisant un clin d'œil, qu'à partir du 1er janvier, tous les gens qui m'emmerdent en ce moment ne seront plus mes collègues, mais mes subordonnés. Bien sûr bien sûr D., je vais profiter de mon statut de supérieur hiérarchique pour régler mes comptes. Il n'a vraiment rien compris celui-là!!!

Il va peut-être falloir que je lui offre un sonotone, parce qu'il ne m'a pas bien entendue. Je ne lui ai pas demandé de me plaindre, ni de me passer de la pommade, ça je m'en fous. Je sais très bien que dans le monde du travail le chemin est tapissé de peaux de bananes. Non, moi ce que j'attends de lui, c'est qu'il communique un peu plus et un peu mieux, qu'il explique le pourquoi des choses, pas qu'il balance une info à la va vite, en ignorant la moitié des membres de l'équipe, en se contre foutant de se qui va suivre. En résumé, j'attends de lui qu'il soit un VRAI chef de service. Je ne suis pas une pro du management, mais ça me parait un minimum.

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  • etoiledesneiges
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etoiledesneiges
etoiledesneiges :

Je me permet de te donner un conseil, le monde du travail n'est pas tout est beau tout est gentils, protège toi, fais jouer ton intuition féminine  et ne fait confiance en personne dans ce domaine.
Soit vrai envers toi même.
Bonne soirée

mmg
mmg :

@etoiledesneiges : merci, même si j'essaies de prendre du recul, ce n'est pas facile de rester impassible face à de telles critiques.