Lundi 23 Octobre 2017

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Je me souviens lorsque j'ai passé mon bac, il y a déjà bien longtemps, le texte que j'ai présenté à l'oral d'allemand s'intitulait "der tüchtiger mann" (l'homme le plus efficace). L'allemand était loin d'être ma matière de prédilection, mais père avait exigé que j'apprenne cette langue, que je détestais au demeurant car je la trouvais trop rude, gutturale, pas assez chantante ni poétique. Mais ce que père veut, dieu le veut, mais ça c'est un autre sujet. Donc j'ai fait allemand (et anglais aussi, en douce hi hi hi).

Le texte racontait, en gros, l'histoire d'un homme qui restait à la maison pendant que sa femme travaillait à l'extérieur, et qui s'acquittait de toutes les tâches ménagères. Pourquoi est ce que je me rappelle si bien de ça, je n'en sais rien. Peut-être que parce depuis que je suis toute petite je suis une féministe dans l'âme, et que le sujet m'avait marquée déjà à l'époque. Et aussi parce que, pendant toute l'épreuve, pour me détendre, j'ai pensé au clip de la chanson "I want to break free" de Queen, et que ça me faisait marrer dans ma tête.

Bref, tout ça pour dire qu'Antoine, le mari de Patricia, est homme au foyer. Il est super épanoui et s'éclate à fond dans son rôle papa poule. Ancien cadre dans les assurances, il a été licencié à l'âge de 52 ans. Malgré son expérience et son dynamisme, il n'a pas retrouvé de poste. Tu penses! à 52 ans, sur le marché du travail, tu as déjà dépassé la date de péremption. Après un an de recherches infructueuses, Patricia et lui se sont remis en question. Salomé venait tout juste de naitre, Pat ne voulait pas la mettre en nourrisse mais tenait absolument à reprendre son boulot. Il faut dire qu'elle a un job en or, avec un salaire qui leur permet de vivre très confortablement. Antoine lui était dans une période de transition, s'interrogeait sur son avenir et le sens de sa vie, et commençait à tomber en dépression. Papa sur le tard, il a décidé de rester à la maison pour s'occuper de sa fille et a pris son rôle de baby sitter très au sérieux. De fil en aiguille, il a abandonné ses recherches d'emploi pour se consacrer exclusivement à son foyer. Cela fait trois ans que ça dure, et pour rien au monde il ne reviendrait en arrière ni ne regrette son choix.

Pourquoi je te raconte ça Le Journal? Et bien because, comme d'hab, les âmes bien pensantes et les langues bien pendues font marcher leur caquet. Bien sûr la tolérance impose qu'on respecte l'opinion de tout le monde, c'est un fait. Mais critiquer les gens sous leur propre toit, c'est gonflé. Et les nombreux commentaires que j'ai entendus samedi soir, lors de la fête que Pat avait organisé pour son anniversaire, m'ont paru déplacés.

Et pourquoi pas de temps en temps inverser les tendances, casser les codes? Si les principaux intéressés y trouvent leur compte et sont heureux, ça gène qui?

"Dans les poulaillers d'acajou,
Les belles basses-cours à bijoux,
On entend la conversation
D'la volaille qui fait l'opinion ..."

Cot, cot, cot, ...

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