Mon bourreau... je t'aime.

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Hier, je m'inquiétais de ne pas sentir mon cerveau se déconnecter quand la douleur est insupportable mais il tient parfaitement sa fonction, c'est une autre partie qui refuse de le comprendre. Quand mon attrape-cœur est venu l'autre soir, je l'ai trouvé extrêmement calme en apparence: il ne parlait pas beaucoup, se postait parfois quelques minutes devant la fenêtre à regarder je ne sais quoi et il est parti relativement tôt. J'ai cru que c'était à cause de moi, de mon attitude distante mais cette nuit, j'ai "revu" ces scènes dans mes rêves et j'ai compris que je les avais zappées pour ne pas en souffrir. Ce n'était pas pour moi qu'il était mal, c'est parce qu'il a des vues sur une fille qui gravite dans notre cercle... Je l'ai entendu demander si elle viendrait mais je n'ai pas remarqué que son attitude avait changé quand il a su que non... ses regards perdus sur l'horizon traduisaient sa déception et son ennui d'être là pour rien... et pendant ce temps je croyais qu'il s'était fait beau pour moi... mon cerveau fonctionne donc parfaitement... j'ai vu ce que je voulais voir, ce qui était supportable à mon cœur amoureux...

Ce matin, cette cruelle vérité me met dans un état étrange, entre apnée et hyperventilation... J'ai mal parce que l'espoir s'est définitivement envolé, je ne retrouverai jamais celui qui m'a aimée pendant 16 ans et que j'aime depuis 18... et j'ai mal surtout parce qu'il m'a menti, parce que tout ce qu'il m'a dit résonne à présent comme des mots sortis tout droit du manuel du parfait manipulateur... Je commence à croire qu'il n'a pas agi avec moi parce que c'était moi mais parce que c'est comme ça qu'il est... à l'écoute de celle qu'il convoite, sympa et attentionné et puis surtout il enveloppe de ses regards hypnotiques celle qu'il désire, tellement qu'elle finit par s'en rendre compte et qu'à partir de ce moment-là, le jeu de séduction peut commencer. A ce jeu-là il est patient et cette longue attente crée une sorte de tension, de magnétisme à laquelle il devient réellement difficile d'échapper... je n'y ai pas échappée et je sais qu'elle n'y échappera pas non plus.

Moi, je croyais que c'était nos âmes qui s'étaient reconnues et qu'enfin elles pouvaient être réunies, que c'était inscrit dans nos ADN, qu'il était celui pour qui j'étais née, que tout en nous était une réponse aux besoins de l'autre... que c'était un amour pur et parfait parce que sans calculs, sans intérêts, sans compromis, sans conditions... juste l'amour de deux âmes, de deux cœurs, de deux corps... une alchimie parfaite, une harmonie divine et éternelle... Il nous a fallu des années pour traduire tout ce qu'on ressentait par ces mots-là et ils restent gravés en moi de manière indélébile... et j'éprouve une peur indescriptible et paralysante de penser que, peut-être, ce n'étaient que des mots... des jolis mots mais sans réelle vérité...

Ce qui me torture les entrailles en ce moment, c'est d'imaginer que peut-être tout ce qu'il m'a révélé de ses pensées les plus secrètes et les plus intimes, et qu'il disait n'avoir jamais pu révéler à une autre personne qu'à moi parce que j'étais la femme de sa vie, il les dira à d'autres... pour donner cette importance qu'on attend tous, pour faire croire qu'on est la seule à qui il veut ouvrir son âme... Moi c'est ce que j'ai fait avec lui, personne ne me connait, ni me connaîtra aussi bien que lui... à part moi.

Est-il réellement possible de manipuler quelqu'un aussi longtemps ? Est-il seulement possible d'être aussi machiavélique, d'être un prédateur aussi patient ? Quand j'écris ces mots, j'ai l'impression de parler de quelqu'un que je ne connais pas, de quelqu'un que je n'aurais jamais pu aimer... mais est-il réellement ce loup déguisé en agneau que j'ai l'impression de découvrir pour la première fois ? Est-il possible que mon instinct m'ait trahie ? Avais-je à ce point besoin d'être aimée que j'ai cru qu'il m'aimait ? Avais-je à ce point besoin de me livrer à quelqu'un, corps et âme, que je lui ai tout donné ?

Et pourquoi moi ? Qu'ai-je fait pour mériter une telle souffrance ? Suis-je à ce point "mauvaise" qu'il ait fallu que j'aime éperdument mon bourreau ?

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