Mercredi 13 Mars 2019

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Cindy,

Encore une longue journée de plus ici. Je suppose que tu n'as vraiment pas envie de me laisser le choix. Les journées sont interminables. En revanche, je n'arrive pas à trouver le temps lorsque je rentre chez moi pour faire du sport. J'en ai assez de ne pas faire ce que je veux. J'en ai assez que toute ma vie me soit imposée. Je suis seule parce qu'on a choisi pour moi que j'étais mieux seule. Je passe mon temps dans un bureau à ne rien foutre, parce qu'on a décidé qu'en tant que stagiaire, j'étais pas capable. Quand je rentre chez moi, en revanche, j'ai ma gamelle du lendemain à préparer et mon repas du soir, tout ça parce qu'on vit pas sans manger. J'ai horreur de la cuisine et c'est pourtant à ça que je passe mon temps. La vie est injuste. On n'a jamais vraiment le choix. On répond tous à des besoins primaires. Même quand on tombe amoureux, au fond c'est juste pour faire des gosses et perpétuer l'espèce humaine. Espèce qui ferait mieux de mourir dans son intégralité tant les humains sont monstrueux. L'humanité n'est pas humaine. Je ne me mets pas en dehors du lot, je suis moi-même un monstre, peut-être même l'un des pires sur cette Terre.

Pourquoi je vis ? Pourquoi je ris, pourquoi je pleure ? Ces paroles de la célèbre chanson, dans le désordre, sont tellement justes. À quoi ça sert, la vie ? Ne t'avise même pas de me faire un coup tordu en m'envoyant encore un de tes coups foireux en guise de mec de remplacement. Mon cœur n'est pas à prendre. Il n'est pas à prendre, car je n'en ai plus. Je refuse de me laisser berner une nouvelle fois. T'as déjà fait assez de dégâts comme ça, j'ai pas envie que tu "répares" ta faute avec juste un autre mec random. Ça suffit, la valse des mecs. Y'a pas marqué p*te sur mon front. J'ai pas envie de faire le tour de France des mecs. Toute façon, tu peux rien faire.

J'ai commencé un traitement pour gérer ma colère. J'ai horreur des médicaments. Mais bon, là c'est des plantes... alors au pire ça fera rien du tout, ça m'empoisonnera pas. Pour ce premier jour, je ne vois aucune différence. Toute façon, contre qui, contre quoi m'énerver ? Tout ce que je peux faire c'est subir. Alors je subis. Je n'ai d'autres choix que d'accepter. J'en chiale, j'en chiale, encore et toujours. Mais j'ai pas le choix, parce que c'est la vie. Alors je fais semblant. Pour qui ? Pour quoi ? J'en sais rien. J'fais semblant d'aller bien en tout cas. Faire semblant, c'est déjà bien. La vie ne nous demande pas d'être vraiment heureux après tout. Tant pis si je ne le suis pas, après tout. Lui est heureux maintenant. Il n'a pas besoin de moi. Il est mieux sans moi. Bientôt il aura quelqu'un d'autre dans sa vie. C'est mieux ainsi. Pour lui, c'est mieux. Moi, je ne le méritais pas. Il était trop bien pour moi, trop pur. Il n'aurait jamais dû me rencontrer. Je n'étais pas faite pour lui. Mais c'est terminé. Son calvaire est terminé. Il est libre. Libre de voler vers la vie de ses rêves. C'est terminé pour moi. Pour lui, ça n'est que le début, le début de sa vie heureuse.

C'est terminé. Tout est fini. Il ne reviendra plus. C'est fini. Mon pauvre coeur, te voilà mort d'avoir aimé. Mais c'est terminé. Tu n'auras plus à avoir mal. Tu n'aimeras plus. Tu vas pouvoir te reposer et ne battre que pour me maintenir en vie. Tu ne seras plus obligé de souffrir d'amour. Tu ne connaîtras plus ce sentiment. Je t'en fais la promesse...

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