Ne change rien et rien ne change

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Je pense à trop de choses mais je ne suis pas dans un état d'anxiété.
Je pense que j'ai envie de multiplier les anaphores.
Je pense que je lis ou plutôt relis les Illusions perdues de Balzac et que je suis à la page soixante. Il y en a plus de six cent.
Je pense que je relis beaucoup de livres parce qu'à l'époque où je les ai lus je n'ai pas su les apprécier suffisamment.

Mais je pense que je n'aime toujours pas le dix-neuvième siècle, en matière de romans.
Je pense que j'aurai beaucoup de travail mais que ça ne me fait pas trop peur. Il était temps.
Je pense que si on ne compte pas aujourd'hui, qui est bientôt fini, dans dix jours j'ai vingt ans. Je pense que ça fait beaucoup de chiffres ronds avec le trente septembre.
Je pense que je suis un peu seule même si j'ai beaucoup d'amis. Je pense que mes amis sont en pleine capacité de me combler, c'est juste moi qui ais trop d'exigences.
Je pense que la Norvège me manque même si je sais que je ne pourrai jamais vivre ailleurs qu'à Bruxelles.
Je pense que j'en dis encore beaucoup sur moi mais c'est pas grave.
Je pense qu'il y a plein de films que je veux voir, mais plein de livres que je dois lire.
Mais je pense que j'ai quand même envie de lire la plupart de ces livres.
Je pense que je viens de me rendre compte que ce format est un vile plagiat d'un livre d'Hervé le Tellier que j'ai lu cet été, et il proposait mille réponses à la question "à quoi tu penses", et qu'inconsciemment j'ai commencé à écrire sur le même modèle par réminiscence. Ah.
Je pense que je voulais mettre un point d'interrogation dans les guillemets mais d'un point de vue esthétique c'était un peu bof.
Je pense qu'il y a un concert gratuit sur la Grand place et que je vais y aller, mais qu'il y aura tellement de monde que si tu es un stalkeur qui me lit tu ne me trouveras pas.
Je pense au fait que je n'ai pas vécu dans la même temporalité que beaucoup de mes modèles mais qu'on a quand même foulé la même terre en quelques sortes alors ça va.
Je pense que Kafka ne voulait pas être lu de cette manière, mais de toute façon ce n'est pas au programme cette année.
Je pense que je suis amoureuse de l'idée d'être amoureuse mais que personne ne me plaît, parce que ce ne sont pas les gens que j'aime mais être aimée.
Je pense que ça découle d'un narcissisme profond.
Je pense que mes chaussettes ont des petits yeux dessinés dessus, mais que dépendant de la perspective ce sont peut-être des petits insectes.
Je pense que si j'avais continué le théâtre en secondaire je n'aurais pas eu tous ces problèmes d'anxiété sociale.
Je pense qu'un de mes profs a dit qu'on avait probablement tous à notre âge un journal intime ou du moins qu'on écrivait en cachette, mais que ça on ne l'avouerait pas et qu'il avait raison pour ma part. Mais je pense qu'il a aussi dit que ce n'était pas de la littérature pour nous apprendre l'humilité. Mais hier il a aussi dit que la vie était courte alors je ne sais pas trop quoi penser. Je pense que j'aime bien ce prof.
Je pense que demain j'ai un cours dans une autre Université et que je devrais en profiter pour agir comme une toute autre personne tous les jeudis, histoire de voir quel genre de personne je vais attirer là-bas.
Je pense que je devrais dormir aussi parce que qui dit autre Université dit chemin deux fois plus long.
Je pense que pour une fois je vais m'écouter et vraiment dormir.

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