Que serais-je pour les autres

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J'en ai un peu marre, j'envoie des signaux pour dire que ça va vraiment pas mais comme je suis tout le temps sarcastique on a finit par ne plus me prendre au sérieux. Il y a deux ans, ce qui contribuait à mon malheur c'est que mes amis faisaient comme si mon mal-être était inexistant. Même situation aujourd'hui mais avec d'autres amis. Pourtant j'ai fait pleins d'efforts, j'ai entamé des conversations alors que c'est difficile pour moi de le faire. Mais aucun retour. Ignorés, les messages.

Enfin, j'ai quelques bons amis à la fac mais j'ai envie de parler à quelqu'un qui comprendrait mes attentes et qui aurait les mêmes. Parce que sinon j'ai l'impression d'en faire trop, de ne pas pouvoir les étaler puisqu'il n'y a que moi qu'elles concernent. Bref, beaucoup d'expectatives pour trop peu de résultat.

Et je n'ai pas non plus envie de parler du problème avec le problème, parce que c'est au problème de se rendre compte qu'il y a un problème. Comment je peux avoir l'impression de compter quand ma tristesse est balayée du revers de la manche? Quand je ne suis même pas suffisamment digne d'un message, et même pas un message gentil qui évoque un "oh, cette personne a pensé à moi, se demande comment je vais", non; même pas digne d'une réponse à un message que moi j'ai dû envoyer!

Et donc je vais très très mal (remarque l'emphase sur le très, signe que ça va effectivement mal) parce que je suis terriblement seule. J'apprécie mon temps consacré à moi-même, mais pas un sentiment constant de solitude. Je ne peux dire à personne que mes amis ne me traitent pas comme je le voudrais (ce n'est même pas qu'ils me traitent mal, aux yeux de beaucoup ce n'est rien; je requiers juste de l'attention particulière sinon je pleure, et je pleure beaucoup ces temps-ci, conséquence d'être une laissée pour compte). J'estime avoir le droit d'être importante aux yeux de quelqu'un, ce n'est pas encore le cas mais j'espère, j'espère un jour, un jour j'aurais le droit d'avoir de l'importance, on s'en fout pourquoi je devrais avoir de l'importance, qui j'intéresse, personne, personne ne trouve en moi une amie qu'on voudrait garder, je veux pas finir cette page, je veux me rattacher à l'idée d'avoir quelqu'un, quelqu'un qui me considèrera comme je considère les autres, même si je ne suis rien pour personne, même si je suis ridicule, là que pour les notes, pour rire, pour écouter, je ne suis jamais vraiment là au fond, fin du stream of consciousness, parce qu'il faut bien s'arrêter quelque part, je m'arrête, vraiment, mais sans point

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colombine
colombine :

"Et je n'ai pas non plus envie de parler du problème avec le problème, parce que c'est au problème de se rendre compte" .....heu.....à moins qu'il ne soit médium, tu as peu de chance qu'il devine, non ? 
Les non dits sont une véritable kata (héé, ce n'est que mon modeste avis) d'abord parce que nous ne résolvons rien en nous taisant, ensuite parce que ça nous ronge, et enfin parce que l'autre ne pige rien à notre mal être. 
Mais, j'dis ça, hein... ;-)
PS : j'aime toujours autant ta manière d'écrire, 

Imogen
Imogen :

au fond de moi, je le sais... mais il y a une autre partie de moi qui, idéalement, aimerait que l'on prenne conscience de ce qui ne va pas. à chaque fois que j'ai essayé d'évoquer le problème, ça s'est fini en plus gros conflit et au final rien ne s'est résolu ; c'est pourquoi j'aimerais bien que la prise de conscience se fasse, pour une fois, du côté de l'autre parti. mais je ne remets pas en cause ton humble avis, car tu as raison. c'est juste la part de moi qui manque cruellement d'attention qui a formulé cette phrase. en tout cas merci toujours autant pour tes commentaires, qui me font toujours sourire même (et surtout) quand ça va pas fort, gentille colombine :)

colombine
colombine :

@Imogen : Le pb avec l'autre, c'est qu'il n'est pas toi (je suis une douée en lapalissade !) . Pour autant, je comprends tt à fait ce dont tu parles. Mais ne crois-tu pas que c'est l'histoire du serpent qui se mord la queue ? Je veux dire par là que moins tu parles de ce qui te tracasse avec l'autre, plus tu te sens incomprise, et plus tu te sens incomprise, moins tu parles..
Une ébauche de solution pour éviter les conflits (souvent liés à cette fameuse incompréhension de l'autre) ? Lui écrire.....tu fais ça si bien.

Effe
Effe :

Les gens te voient comme toi tu te vois, il faut dire ce que tu as sur le coeur, ne jamais te sous estimer et tu verras comment les choses changeront au grè du vent.. Tu es une personne intéressante ne laisse jamais personne te faire croire le contraire !

Imogen
Imogen :

colombine: ahah le rapport à l'autre n'est pas forcément évident (Rimbaud disait bien je est un autre, et on a tendance à vouloir se chercher dans nos rencontres pour la plupart !), mais il est clair que l'on n'a pas les mêmes attentes. je pourrais écrire oui... mais j'ai peur de ne pas être capable d'éviter l'incompréhension malgré tout. mais au moins je n'aurai pas à aborder le problème en face d'une certaine manière, ce qui m'arrange. merci!
Effe: j'imagine, mais c'est très difficile ! j'espère qu'en posant mes attentes ça se passera mieux. merci beaucoup, c'est gentil !

colombine
colombine :

@Imogen : Si, malgré la lecture de mots et maux précis et détaillés, cet autre là ne te comprends toujours pas....heu.....il y a souci à la fois dans son ouverture d'esprit (et de coeur ??), et la complicité-complémentarité de deux être. Donner son écrit (et filer!), et laisser l'autre réfléchir en attendant un retour de sa part. ;-)

Imogen
Imogen :

tu as comme toujours encore raison :) et oui, aussi, j'espère que cette personne comprendra, sinon je vais devoir redéfinir ma place dans sa vie!