Aboli bibelot d'inanité sonore

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Je me demande souvent où j'en serais si je n'étais pas tout le temps inspirée. En fait, tout ce qui se passe autour de moi contribue à me former et se retrouve en la personne que je suis à la minute même où je tape ces lignes.

Par exemple, mettons qu'actuellement, j'écoute Hurt de Nine Inch Nails et j'essaye de comprendre un poème plutôt hermétique de Mallarmé. Bon dans le cas présent ça s'applique peu étant donné que je suis pas spécialement hurt sauf si les douleurs menstruelles sont considérées, mais rien que le fait de l'écrire relève d'une inspiration. Je vis à travers les autres choses, je vis de... formes héritées ? Quelque chose comme ça. La tentative impossible de se débarrasser​ de ces formes héritées me consume, parce que je suis pas unique et rien me différencie de ces p'tites meufs qui se croient trop originales parce qu'elles écoute du Nine Inch Nails ou n'importe quoi tant que c'est pas populaire

(j'ai pas envie de mettre de point à cette phrase. Dans ma tête elle se prononce comme si elle s'envole, sans point)

Bref après cet aparté sur la syntaxe, je voulais dire que j'étais et resterai un présent pétri d'absence. Ce ptyx de Mallarmé, c'est un objet qui n'existe pas, qu'on n'utilise pas. Il suggère un dispositif de logique négative, pourtant en le nommant, on lui confère ce caractère symbolique. C'est ce que je suis au fond: un contour de jolis mots, d'inspirations externes, d'expériences langagières mais au fond pas de contenu, pas de substance. Une présence pétrie d'absence, un signifiant sans signifié. C'est futile, ce que je fais, et ça me hante de jamais pouvoir approfondir. Au fond, ce n'est pas plus ce qui est dit qui compte, que la manière de le dire.

La chanson est finie, et cette vague chronique aussi.

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Onyx
Onyx :
• modifié 43 sec. après

À se définir par le génie, à défaut d'y parvenir - on a le mérite de le frôler (au moins du regard). Plus encore, en vivant (oui!) le terme ! - ici, c'est une poésie sonore.