Le poignard.

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"Un poignard quand c'est bien lancé, on ne le voit même pas arriver. La douleur elle-même ne se sens pas. La lame entre dans nos peaux. Doucement. Très doucement. Elle s'enfonce jusqu'à la garde de l'objet. On ne sent rien mais l'on saigne quand même. Oh, on ne saigne pas beaucoup non. Ce sang ne coule pas. Il reste autour de la lame. Et nous vivons avec cette lame. Plus que la durée pendant laquelle on vit avec, c'est le fait lui-même de vivre avec ce corps étranger dans le nôtre qui importe le plus. On est bien, que l'on sache que cet objet soit présent en nous ou pas ne change pas grand chose. Puis vient un moment, très important.
Le poignard commence à s'enlever. Sans que nous le voyions. Il s'enlève plus ou moins brutalement. Le sang commence à couler. Là, se distingue deux chemins. Soit la lame réussit à se réintroduire dans notre corps pour s'y planter peut-être jusqu'à la fin de notre existence. Soit, arrive le deuxième chemin. Le plus courant selon mes dires.
Le poignard s'enlève complètement et tombe sur la terre. Et là tout arrive d'un coup.
Le sang commence par couler, puis de grands jets finissent par sortir de notre corps. La douleur elle, est indescriptible tellement elle est rapide, violente et nous transperce de part en part. Nous avons mal. Nous crions. Nous pleurons. Certains prient ou implorent. Mais il n'y a rien à faire à part attendre. Attendre que notre corps se fletrisse. Ou qu'une autre lame arrive à se planter à nouveau. Et alors, le sang stagnera autour de cette nouvelle lame, et nous ne crierons plus."

Pour chaque corps, pur chaque corps, se trouve une lame correspondant à une entaille. L'amour fait mal, et génération après génération, les erreurs se répètent. A l'infini.

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  • Cadum
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