Rêve de chute

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C'est un temps idéal pour notre excursion en car, à la montagne. Je me trouve avec plusieurs autres personnes, connues pour la plupart; nous admirons le paysage qui s'offre à notre vue par les fenêtres. Les couleurs sont fortement accusées : le ciel est d'un merveilleux bleu, les sapins ont un vert vif remarquable, tout respire la vitalité et la beauté. Je n'ai de cesse de m'en extasier et de commenter à voix haute la splendeur de cette nature, ce qui m'attire des regards ironiques dont je n'ai cure. Je déplore seulement de n'avoir pas mon portable avec moi pour pouvoir prendre des photos d'un endroit aussi paradisiaque...

Le chauffeur négocie à présent un virage dangereux bordant une corniche déchiquetée, et je retiens mon souffle : a-t'il conscience que nous quittons la route ? Très vite le véhicule se retrouve au-dessus du vide, en suspension, comme dans ces dessins animés où l'on ne tombe que dès que l'on prend conscience qu'en-dessous de soi il n'y a rien. Là c'est un peu pareil : je suis le seul à voir que nous sommes en-dehors de la route et tant que le reste de l'équipage ne se rend compte de rien nous sommes à l'abri de la chute. Mais quelques secondes plus tard, c'est le drame : le car plonge à une allure croissante dans le gouffre. Je fixe intensément le fond de la vallée tout en estimant le temps qui nous reste à vivre. Un instant je me dis que peut-être un grand miracle nous sauverait tous, que le car pourrait atterrir dans un lac amortissant sa chute, ou qu'il me suffirait de rouler-bouler au moment de l'impact pour avoir la vie sauve. Nous tombons, et le temps me semble une éternité : il défie la théorie de la chute des corps. Au-dessous apparaît progressivement un village de montagne, sur lequel nous allons nous écraser... Contact avec le sol. Nous n'avons pu éviter la catastrophe, cependant nous n'avons pas souffert de notre mort. Finalement ce n'est pas désagréable de mourir dans de telles conditions; seul bémol : mon chez-moi était en désordre et ma famille ne va pas apprécier. Mais ce n'est pas grave, après tout !

Le groupe d'esprits désincarnés que nous sommes devenus se retrouve dans une sorte de sous-sol ancien voûté. C'est bien beau tout çà, mais il faudrait à présent chercher la sortie, s'il y en a une... Il me semble qu'à plusieurs mètres j'aperçois la lumière du jour, aussi nous nous déplaçons dans une rue souterraine en direction de l'extérieur. Nous passons devant une façade et par une fenêtre je vois un homme nu dans une pièce faiblement éclairée par une lueur fauve. Il a le cordon de mon chargeur de téléphone chez lui, le voleur ! Une des extrémités du cordon aboutit là où nous sommes et je le tire à moi. L'homme tire lui aussi de son côté. Je m'arc-boute sur le fil tant que je peux : c'est mon bien, il me revient de droit !

A trop m'acharner sur ce pauvre cordon je finis par me réveiller : fin du rêve.

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Lolita Véda
Lolita Véda :

Quelle chute vertigineuse ! Quel atterrissage sans douleur ! Une maison en désordre n’est-ce pas signe qu’elle vit ?! C’est toujours ce que j’ai entendu dire...
Se réveiller pour un cordon téléphonique, quel dommage !! Bonne journée bises

Hector
Hector :

@Lolita Véda : Dans quasiment tous les rêves où j'ai été confronté à la mort je m'en suis sorti. Sauf deux fois, dont celle-ci. Mais çà n'a rien d'un cauchemar, je me suis réveillé calme et apaisé.
 
Pour le cordon de mon chargeur, je trouve qu'en fait il m'évoque le fameux cordon d'argent qui relie l'être humain à la vie, à son corps physique. Marrant !
Bisous Lolita !!!

colombine
colombine :

@Hector : J'admire et envie parfois cette faculté que tu as de te souvenir de tes rêves avec tant de détails.
Cordon de tel = corde d'argent, j'ai pensé la même chose en te lisant.
Bisous