Le déclic

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Il est actuellement 4h50, autant dire que je suis claquée. Je viens de raccrocher de l’appel avec mon amoureux… Et… Je n’ai pas de mots. J’ai vraiment besoin d’éclaircir mes pensées.

Aujourd’hui, il était assez froid par messages. En fait, il m’a dit qu’il avait besoin de se déconnecter, qu’il n’était pas d’humeur affectueux, et qu’il avait besoin de s’éloigner, sans me donner de raisons. Bien, pour moi, je me suis dit qu’il avait peut-être un ras-le-bol d’être toujours collé à son portable donc pas de soucis, je lui ai dis de prendre sa journée pour se reposé en se déconnectant.

Quelques heures plus tard, je reçois un message de sa part, toujours sans explications, alors je force. Je lui demande de m’expliquer les choses, et il me dit qu’il ne sait pas comment me dire ça… Mon dieu, mon coeur a failli sortir de ma poitrine. J’ai tout de suite pensé à une séparation, ou a un « break » et je savais que c’était probablement dû au fait que je lui ai avoué être boulimique (m’imaginer vomir, sûrement). Je l’ai donc appelé, et là… S’en est suivi une discussion de 5h.

Il m’a avoué ne pas avoir eu envie de me parler, et que la boulimie lui avait vraiment jeté un froid. Puis, il m’a posé toutes sortes de questions pour mieux comprendre la situation, d’où ça venait, pourquoi je faisais ça, etc. Et là, j’ai pleuré. Mon dieu, tellement. Toutes les 10 minutes, les larmes remontaient. J’ai expliqué l’histoire de ma boulimie en quelques lignes (tout en sanglotant), puis, lorsque j’étais calmée, il m’a couverte de compliments, afin de me faire comprendre que la personne « géniale » que je suis n’avaist pas à se traîner un fardeau aussi lourd et inutile que la boulimie, et qu’avec 1-2-5-10 kilos en plus, je resterai la même magnifique personne , et que si je ne m’aimais pas moi, alors personne ne le ferait.

Lorsque je lui ai raconté mon histoire concernant le poids et l’alimentation, comme quoi mes parents m’avaient toujours fait des remarques pour que j’arrête de manger, que je « bouge mon c*l », que je maigrisse, etc (évidemment, les surnoms comme « la grosse » h24 étaient inévitables) auparavant, et que, je pense, ça ait nourri les blocages que j’ai maintenant avec l’approche de mon corps et de mon poids. Je lui ai aussi expliqué que me faire vomir venait de la peur de grossir, du fait que prendre 1 kilo était inconcevable à mes yeux. Et là, il m’a tout simplement répondu « mais c’est quoi 1 kilo?! » Et c’est vrai… Qu’est ce que c’est de prendre un kilo? Un kilo, c’est le poids des selles après un repas bien copieux. Un kilo, c’est la moitié du poids de l’eau que j’ingère en une journée. Un kilo, c’est rien ! Ça se prend comme ça se perd, rapidement. Surtout s’il apparaît après un bon repas, il faut juste laisser le temps aux intestins de l’éliminer, et pouf ! Kilo perdu en partie. Puis, c’est comme ça la vie, le corps. Ça fluctue, et c’est normal, tant que ça reste dans les limites du raisonnable alors il n’y a pas à s’inquiéter, ni à dramatiser sur la balance le lendemain (d’où la stupidité de se peser tous les jours).

Il m’a ensuite expliquer sa petite histoire, pleine de leçon à tirer. Que lui aussi avait eu des problèmes de confiance en lui, et vivait une épreuve au quotidien qui l’angoissait énormément: Parler devant un public. Avec le temps, il s’est donné des « défis » à réaliser ( comme parler à 5 inconnus dans le bus), et ainsi, petit à petit, il est passé d’un inconnu dans le bus, à des conférences devant des assemblées. Une peur qui le mangeait au quotidien, il a fini par la dompter et lui marcher dessus, sans plus jamais revoir le bout de son nez. Dans cette histoire, il m’a aussi expliqué une chose concernant…

La petite voix dans notre tête

tu sais, cette voix que l’on pense être nous même, bah en réalité… Est-ce réellement nous? J’ai eu du mal à concevoir que son explication avait du sens la première fois. Ensuite, après réflexion, je me suis rendue qu’il avait peut-être raison (et aussi après avoir lu la partie du livre dans lequel il l’avait compris « Le pouvoir du moment présent« ). Cette petite voix, en réalité nous l’écoutons, n’est-ce pas? Un peu comme si c’était une personne à côté de nous, et que nous portions attention à ce qu’elle nous dit. On choisit de l’écouter ou non. Donc en fait, cette voix n’est pas nous même. Elle fait partie de nous dans le sens où elle est belle et bien dans notre tête, mais ça ne peut pas être nous puisqu’on a la possibilité d’écouter (ou non) ce qu’elle nous dit, et de suivre ses paroles ou pas.

Concernant la boulimie, j’ai vite associé la voix qui me fait culpabiliser après avoir manger un repas trop copieux à cette petite voix qui n’est donc pas moi-même. Et si ce n’est pas moi-même, alors je veux pouvoir la regarder en étant à ses côtés, et me lever tout en la laissant s’exciter seule, mais sans moi. Qu’elle puisse créer ce tsunami dans son coin, et non en moi. Que je puisse aller faire autre chose le temps que la tempête se calme.

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