Le début de la fin de ma boulimie

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Il y a quelques jours, juste après une énième crise, je me suis rendue compte que j'entrais dans ma 4ème année de boulimie vomitive. Ma 4ème année... J'en ai des frissons... Je n'avais vraiment pas remarqué que cela faisait aussi longtemps que je me faisais vomir. S'en est tellement devenu banal et ancré dans ma routine que je n'y attardais pas tant que ça dessus.

Mais là, j'ai eu mal. Pour la première fois, je me suis vraiment sentie coupable et dégoûtée, énervée et lâche. Là, j'ai pris conscience que ce n'était pas seulement anormal, mais que c'était un réel problème. J'ai parlé avec mon amie, et, cela fait des années qu'elle me dit d'aller voir un psychologue pour plusieurs raisons, mais en 3 ans je n'ai jamais osé ni aller au cabinet, ni même prendre un rendez-vous. Alors elle ne m'en a pas laissé le choix. Le lendemain, elle a pris son téléphone et m'a fixé une date pour voir le psychologue en se faisant passer pour moi (devant moi bien sûr).

Une fois rentrée, j'ai beaucoup cogitée, et j'étais surtout sûre de ne pas aller à ce rendez-vous, même si je savais que ce n'était pas encore une vraie consultation, mais juste une approche pour voir dans quel état j'étais. Dans ma tête c'était clair: je n'irai pas. J'avais beau vraiment vouloir arrêter de me faire vomir (j'ai tenu une semaine), je n'en étais pas au point de parler à quelqu'un de mes "problèmes". Surtout qu'en ce moment, je n'en ai pas, j'ai simplement des comportements à comprendre et éliminer (la boulimie et se plaisir d'auto-destruction)

Les jours passent, et ma motivation ne fait pas le poids contre ces pulsions, et contre la culpabilité que je ressens après avoir trop mangé... Alors je me réautorise 2 crises par semaine. De toute façon je n'ai pas le choix, en soi je ne les autorise pas, elles n'ont pas besoin de mon accord pour exploser (ces conn*sses). J'ai réussi à respecter ces 2 crises pendant 3 semaines, ensuite ça variait entre 2-3... Rarement plus ! Entre temps, j'ai été à mon rendez-vous. La veille au soir, même si l'envie d'y aller était de -10, j'ai mis mon réveil et je me suis dit que le matin même, je prendrai la décision finale: y aller ou pas. Cette fois, je me laissais la possibilité de peut-être aller au rendez-vous.

Le matin même, je me suis levée, et j'avais tellement peu dormi que tout s'est fait machinalement. M'habiller, déjeuner, sortir, je n'ai pas laisser le doute d'aller au rendez-vous revenir, et je m'y suis simplement présentée de manière passive sans me laisser me rendre compte des choses, pour réfléchir le moins possible. Une fois dans la salle d'attente, je commençais à prendre pleinement conscience de la situation. J'étais là, à attendre de voir un psychologue. De lui raconter ma vie, lui qui s'en tape royalement, alors que j'en ai aucune envie. J'ai essayé de ne pas trop y penser en contrôlant ma respiration pour me calmer, puis elle est arrivée. Je suis entrée dans son cabinet, et je m'y suis assise tellement recroquevillée que je me reconnaissais à peine. Je me sentais tellement vulnérable !!!!! C'était ouf comme sentiment ! J'allais me mettre à nu devant une inconnue, là, maintenant.

Elle m'a posé quelques questions, et j'y répondais normalement, comme quoi j'avais vraiment dramatisé la situation. Mais une fois sortie, je me suis rendue compte que j'avais résumé ma vie en quelques lignes seulement. C'est limite blessant en fait. Mes anciens problèmes les épreuves, je les ai résumé d'une manière telle que j'avais l'impression qu'elles étaient minimes et qu'elles m'ont à peine blessées. C'était exactement ce que je voulais montrer au psychologue, que ces problèmes, je les avais oublié, et qu'il était presque inutile de revenir dessus. Hors qu'au fond, la boulimie et l'autodestruction en sont liés, je le sais.

Je sais pas pourquoi j'ai eu ce besoin de montrer que "j'étais forte" et que je savais me débrouiller, or que si c'était le cas, je n'aurais pas été la voir. C'était peut être un moyen de me faire croire que tout allait bien. Je pense que c'est la première fois que là, maintenant en écrivant, je me laisse sous entendre qu'il y a quelque chose qui cloche.

Se rendez-vous est donc passé, elle va m'appeler pour fixer la première vraie consultation. Autant dire que là, je suis impatiente et j'appréhende énormément. J'espère vraiment comprendre et arrêter ces choses inch'Allah, vraiment vraiment.

Hier, j'en ai parlé à mon nours (je n'aime vraiment pas le mot "copain"). Je savais qu'il ne le comprendrait pas puisqu'il n'est pas très psychologie, mais qu'il finirait par essayer de comprendre après un jugement hâté. Au début, il disait que ce n'était pas grave mais qu'il ne comprenait pas l'utilité. Ensuite, il a essayé de me secouer en me disant que ça le répugnait, et qu'il était déçu de la chose... Chose qui m'a un peu blessé car il n'y allait pas mollo sur les paroles. Il s'est excusé en disant qu'il le faisait exprès, en espérant qu'un bon coup me ferait peut être avancé (c'était très maladroit effectivement, mais ça partait d'une bonne intention). Enfin, il m'a dit que ça lui faisait mal que je me fasse du mal, et il a lu énormément d'articles sur le sujet pour mieux comprendre le problème comme il n'en avait aucune connaissance (il est très ouvert à tout, et apprends dés qu'il en a l'occasion... Mon dieu je l'aime). Quelques heures plus tard, il m'a envoyé des screens de témoignages de personnes qui soutenaient leur conjoint, mais que celui-ci n'arrivait pas à arrêter. Il m'a aussi envoyé des "habitudes" de boulimiques, en prenant chacune des situations que nous avions pu vivre ensemble qu'il comprenait être lié. Par exemple: je ne mange jamais le soir, je ne voulais pas manger lorsqu'on sortait, etc... Tous ces exemples étaient liés. Il est ensuite parti dormir car il en perdait la tête à force d'en avoir autant lu, en me quittant sur un beau "je t'aime, s'il te plait prends soin de toi".

Tout ça pour dire que je comprends maintenant que je suis boulimique, même si je n'aime pas dire ça. Je vais régler ce problème inch'Allah !

Je sais où sont mes principaux problèmes et quelques déclencheurs de crises.

- Le fait que je saute des repas (1-2 par jour), le fait que je ne mange plus après un écart,... Tout ça me frustre, et même si ce n'est pas la cause de toutes mes crises (car certaines viennent par pulsion, d'autres après un trop plein d'émotion), je pense que la moitié d'entre elles seront réduites si je changes ses habitudes.

Pour cela je dois:

- Prendre mes 3 repas par jour et ne plus en sauter (même en cas d'écart)

- Arrêter de compter mes calories mais plutôt me concentrer sur les composants de mon assiette

- En cas d'écart, équilibrer ma journée et diminuer un repas SANS LE SUPPRIMER ! Si l'écart est trop gros, faire du sport le lendemain

- Faire 1 séance de sport chaque samedi (le fait de me sentir healthy aide à vouloir le devenir entièrement)

- M'autoriser à faire des écarts sans culpabiliser, si j'ai trop manger, je le garde en moi et je compenserai plus tard

- Ne pas me peser chaque jour mais uniquement le mercredi et dimanche (ça, ça sera compliqué)

- En cas de pulsions, m'asseoir et parler avec moi même en me persuadant qu'elle passera (à tester).

Programme à expérimenter, mais je suis sûre qu'inch'Allah il marchera ! De pluuus, dans 1 semaine et demi je pars 8 jours en vacances donc 8 jours où je ne vais pas me faire vomir ! Je vais essayer de tenir tout le temps avant de partir. Affaire à suivre, mais je peux le faire !

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