09 Août 2012
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Dimanche o5 août 2o12.
Il est 21h, tout commence. Je sens ma respiration s'affaiblir, je me sens mal. Je crois que je vais vomir, j'ai des nausées. Non, ma gorge se bloque. Quelle est cette sensation ? Je suffoque. Lorsque j'expire, je sens mon oesophage qui me brûle, puis mes poumons, et je sens les battements de mon coeur jusque dans le bout de mes doigts. La douleur me transperce. Chéri, j'ai mal, je ne sais pas ce que j'ai, dis-je à haute voix. Léna se détourne de son ordinateur, me regarde, l'inquiétude au fond des yeux. Il me rassure, me demande ce que je ressens, ce qui se passe. Je parle, je décris mes sensations. Plus je parle, plus ma respiration est douloureuse. Je sens l'air qui se glisse à travers moi et c'est désagréable car l'air se fait faible et cuisant.
Il est 22h30.. Cette "chose" ne s'est pas calmée, cela empire. Je tremble, j'ai mal au crâne. Qu'est-ce qui se passe. Mon homme s'apprête à faire la cuisine. Je me tais, j'ai honte de pouvoir dire que je me sens mal et que je m'inquiète pour ma vie. Je suis allongée sur le lit, et soudainement je ne respire plus. Je me lève, je me penche en avant, je panique, ça se débloque. Ouf. Mais.. Léna m'a vue. Il s'approche, pose une main sur mes épaules, Ca va ? Je le regarde, effarée. Non. Non, rien ne va plus. Je veux parler, rien ne sort. Il se recule, je hurle, c'est plus fort que moi. Je ne contrôle pas mon corps ! Ce n'est pas normal, qu'est-ce qui se passe ? J'ai peur, j'ai peur. J'éclate en sanglot, je suis sûrement ridicule. Je m'en fiche. Tu veux que j'appelle le médecin ? - NON ! Au moment où je réponds à la négative, je sens mon coeur qui pulse deux fois intensément, réduisant mon corps à l'immobilité. Je le sens, dans ma gorge, et aussitôt plus rien. Ma voix s'est brisée, plus de son. Plus d'air, je ne respire plus. Pendant de longues secondes, trop longues. Mes yeux se révulsent. Il tremble, saisit le téléphone, appelle les pompiers.
Il est 23h15, on est aux urgences médicales de notre ville. Je suis toujours sous le choc, et la douleur à la base de ma gorge ainsi que dans le début de mes poumons est toujours là. Le médecin nous reçoit. Il est gentil. Il m'appelle à parler, je répète tout ce que j'ai pu dire au téléphone, il écoute patiemment. L'auscultation fut la plus longue de toute ma vie. Jamais on a tâté autant ma gorge, la base de ma poitrine, mon ventre et écouté ma respiration aussi longtemps. Il ne dit rien, c'est long. On passe aussi une radio, pour être sûr.
Il finit par soupirer d'aise, me sourire et enlève son stéthoscope. Vous avez bien fait d'appeler et de venir aussi rapidement, tout vos symptômes concordaient avec une embolie pulmonnaire. Mais rassurez-vous, au final, ce n'est qu'une crise d'angoisse, vous avez eu les bons réflèxes, on ne sait jamais ce qui peut se cacher derrière ce genre de douleur. Tout se calme enfin pour moi. Ouf.
J'ai pensé à une crise d'angoisse, oui. Mais tout va bien en ce moment, ça va, réellement. Enfin je veux dire, j'ai déjà était dans un pire état. Et l'angoisse, je connais. C'est mon quotidien.. J'ai déjà eu malaises, palpitations, nausées, tremblements, gorge nouée, mal de ventre, mais jamais cette situation horrible.
Il m'a donné des anxios spécifiques pour, du Lysanxia (j'ai déjà eu ce médicament là, d'ailleurs). Et il ne m'a fait payée que le tiers de la consultation de nuit.
Il est 1h30. Le médicament a fait son effet. On a mangé, certes tard, mais on a mangé. Léna et moi sommes soulagés. L'ambiance est moins tendue, mais il reste au petit soin. Il me propose un massage.. bien qu'il m'en fait souvent, je suis loin de dire non. Les massages -enfin ses massage surtout- sont bien la chose que je préfère au monde et qui me relaxe plus que de raison.
Mais là, l'effet est à double-sens. Mon corps se relâche, se calme, la quiétude se glisse, mais.. mais je m'embrase aussi. Ses fines caresses là, dans mon dos, sur mes jambes, sur mes fesses. Tout est bon. Je ferme les yeux, je susurre Tu as carte blanche, mon amour. Il sait de quoi je veux parler, je dis toujours ça quand je veux plus, quand je veux qu'il me fasse l'amour. Je le sens sourire. Il se prête au jeu. Et ses mains douces me caressent, toujours plus intimement encore, et c'est fichtrement bon.
Et malgré l'angoisse récente, l'acte fut si tendre et si agité à la fois, si revigorant. C'était doux, et bestial. Passant du missionnaire à l'andromaque, de la cuillère à la levrette. Le rapport ne s'éternise pas -de toute façon, je déteste quand c'est long-, et quand on en vient à l'orgasme, enfin je me sens mieux. Enfin cette peur d'avoir cru mourir quelques heures plus tôt s'évanouie.
Il est 3h. Il dort, je l'enlace. Qu'est-ce que je l'aime.
Slytherin • le 09 Août 2012 à 00h45 (France, GMT+1) • lu 187 fois
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