21 Juin 2012
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Ma vie est une boîte à musique d’où s’échappe une mélopée triste, des notes macabres et mélancoliques, des accords sinistres de pianos cassés.
Ton souvenir obsessionnel cogne dans ma tête comme une fenêtre mal fermée qui revient sans cesse, poussée par un courant d’air.
Tout en moi s’est refermé, la lumière s’est retirée comme dans une maison aux fenêtres murées.
Scellée dans ma poitrine, une fiole d’angoisse suinte, imbibe goutte à goutte mon cœur, distillant son venin mortel. Je voudrais un scalpel aiguisé pour extirper cette tumeur qui pervertit mon intérieur.
Le temps devient bizarre, perd sa linéarité. Je flotte au milieu de nulle part dans un monde d’aurores ensanglantées, de limbes gris rosâtre sans haut ni bas. Fixant le néant, mes yeux rougis, hallucinés, sont emplis d’éclats de verre brisé.
Suspendu dans une cage de solitude, je me balance aux branches d’un arbre mort dans un silence irréel. Pas de clé. Seul un corbeau à l’œil noir me tient une compagnie désolée. Errant sur des chemins égarés, impuissant, un recoin de mon esprit assiste horrifié à la naissance de ma nuit. Je soliloque avec la folie.
Tu es perdue pour moi. Tu m’as abandonné. Je n’ai plus aucun moyen de te connaître ni de te comprendre. Plus aucun moyen de te retrouver. Je supplie toutes les déités pour un mot de toi, un geste pour insuffler à nouveau la vie en moi. Mais tu ne réponds pas.
Une spirale de lente agonie me happe vers le bas, hachant ce qui me reste de substance. Je m’agrippe désespérément à une fragile corde de survie. Combien de temps avant de tout lâcher, de plonger au nihilium dans l’oubli et l’éternité ? Je me sens la chose la plus triste en ce monde.
Promise • le 22 Juin 2012 à 00h05 (France, GMT+1) • lu 344 fois
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