25 Juillet 2012
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C'est très enjouée hier soir que je suis allée bosser. Un remplacement ponctuel dans un petit foyer de personnes handicapées comme j'en fais beaucoup depuis le début de l'été pour renflouer ma bourse d'étudiante... La nuit s'annoncait calme, la majorité d'entre eux, assommés par la lourde chaleur de la journée, étaient déjà couché à mon arrivée...
Après l'animation du soir pour ceux qui restaient, la distribution des médoc...je me suis vite retrouvée seule sans pour autant être dépourvue d'activités. Le mot "veille" à connotation passive est un mythe! En réalité pour rentabiliser ce qu'on appelle plus joliment par cet euphémisme de "personnel de nuit", on déplace de nombreuses tâches de jour la nuit pour décharger les équipes en sous effectifs...
Je commence donc mes nombreuses tâches en essayant d'occulter ce mal de tête qui persiste depuis la veille. Après mon premier tour de soins je trouve les locaux extrêmement pesant de cette chaleur ambiante dont je devrais me débarrasser. Seulement il faut souvent choisir entre favoriser un bien être en se rafraîchissant et renoncer partiellement à sa sécurité en ouvrant!
Comme je travaille souvent seule j'ai bien conscience que je suis le seul rempart entre un agresseur potentiel et mes patients, je ne néglige donc jamais les contrôles indispensables des locaux. Tans pis ca restera fermé jusqu'au matin!
Un bruit étrange m'a mené en buanderie, quelque chose cognait fortement à répétition, menaçant de réveiller tout le monde et de provoquer quelques angoisses et réactions en chaîne... J'ai donc fouiné un long moment pour trouver l'origine de ce désagrément, mais plus le temps passait plus la chaleur des machines et mes nombreux mouvements me faisaient monter en température. Me sentant affaiblis par l'atmosphère pesante de la pièce j'ai renoncé et suis allée dans les cuisines chercher un peu de fraîcheur.
C'est en m'y dirigeant que j'ai sentis un étourdissement anormal. Instinctivement je me suis approchée d'un point d'eau sur lequel j'ai pris appui péniblement. Ce mal de tête m'encerrait le crane. J'ai sortis un tube d'antalgique de ma poche et c'est en me préparant ce verre d'eau que tout mon corps a faibli!
En un instant je fus prise d'un malaise brutal ! mes jambes se sont molies instantanément, haletante, j'hyperventilais après quelques secondes, ma vue s'est brouillée et lors ce que je me suis sentie partir j'ai pensé "ne te lève pas tu vas tomber".
J'ai tiré le bras avec ce qui me restait de force pour attrapé une chaise et m'y écraser. Saisissant les rebords de l'évier de toute la longueur de mes avant bras. En une minute tout mon corps était trempé par une sueur froide vertigineuse!
Mes yeux se sont fermés et je me suis retrouvée comme une poupée de chiffon agripper, à bout de force, pensant qu'on me retrouverait là seulement le lendemain alors qu'il n'était que une heure du matin!!
Le livreur venait de passer il n'y avait donc aucune chance de voir quelqu'un d'autre de la nuit, aucun résident n'a assez d'autonomie ou de capacités, de mobilité pour déambuler, me découvrir et alerter. Ce serait le monde à l'envers^^.
Tout en récupérant péniblement et en n'osant pas me lever de suite j'ai pensé au fait que je m'étais départi de ma blouse dans le bureau des transmissions quelques minutes avant! Y laissant ainsi le téléphone en poche. Comment allais je faire pour alerter? Pour appeler le 15?... J'étais seule, immobile, faible, démunie...
J'ai tenté de garder mon sang froid et d'analyser la situation. Je ne pensais pas avoir perdu connaissance et l'ensemble des symptômes ainsi que leur fulgurance faisaient penser à un malaise vagal. Un malaise aux contours limités. Je me suis rafraîchi, puis après quelques minutes j'ai pris mes constantes à l'infirmerie. Après une telle décompensation elle étaient forcement au plus bas (10/6 de Tension, à peine 36 de T°...) mais la prise de comparaison après quelques minutes m'indiquait qu'elles remontaient. Quelle galère d'être aussi faible et de devoir se mettre un brassard, tenir le stéto....
J'ai finis ma nuit très péniblement. Ca été de loin la plus fastidieuse et la plus longue de ma petite carrière... Au petit matin j'avais repris des couleurs, je m'étais resucrée, réhydratée, auto médicamentée et tout allait visiblement bien. L'équipe de jour à pris la relève comme d'habitude. Le jour a effacé les tourments de la nuit comme si rien ne s'était passé.
Je me questionne encore sur la nécessité de ses structures de faire des économies sur la sécurité! La loi les oblige lors ce qu'ils ont une personne seule, à mettre à disposition un PTI, une sorte de télé-alarme. Ce qu'on appel dans notre jargon "le bip du mort". Accroché à l'encolure de la blouse il bip lors ce qu'il est en position horizontale. Alertant ainsi une centrale de sécurité qui intervient... Cette nuit il s'en ai fallu d'un cheveux pour qu'ils puissent en apprécier l'absolue nécessité.
Custo • le 25 Juillet 2012 à 15h58 (France, GMT+1) • lu 190 fois
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